Antisémitisme ou antijudaïsme : racisme ordinaire ou exceptionnel ?

De quelques considérations personnelles sur un certain négationnisme

 

Le terme antisémitisme, contrairement à ce que l'on pourrait penser est récent ; il n'est pas "de toute éternité" puisqu'il n'a fait sa première apparition officielle qu'en 1879, en Allemagne, dans un pamphlet de Wilhelm Marr intitulé "Victoire du judaïsme sur la germanité considérée d'un point de vue non confessionnel"[1] [i].

Dès sa naissance, ce terme est marqué d'un abus, d'une imposture intellectuelle. En effet, si Wilhelm Marr entendait bien distinguer l'"antisémitisme", de l'Allemand "antisemitismus", c'est-à-dire : la haine "non-confessionnelle" envers les Juifs et le judaïsme prôné au sein du parti politique "la ligue antisémite", de l'antijudaïsme, la haine confessionnelle envers les Juifs pour cause de "déicide[2]", très rapidement, ce terme s'est mis à désigner le "racisme anti-juif", sans plus aucune référence confessionnelle. Or, ce néologisme n'a aucun fondement scientifique puisqu'il considère les "sémites" comme une "race", en les assimilant aux "Juifs"[3], alors que, étymologiquement et donc d'un point de vue scientifique et aucunement idéologique, religieux…,  "sémite"[4] - et, plus exactement, "sémitique" - désigne un groupe de langues dont font partie les langues hébraïque et arabe et, par extension, la personne parlant une de ces langues[5].

En revanche, je rappelle pour mémoire :

"Juif". Nom commun. Les Juifs, nom donné dans l'Antiquité aux habitants du royaume de Juda, en particulier aux Hébreux après leur retour de Babylone.

Juif, aujourd'hui, nom donné aux descendants de ce peuple, fidèles ou non au judaïsme (en ce sens à distinguer d'israélite).

Par suite d'un usage insultant, personne avare, radine. L'usage de ce terme est cependant malvenu et traduit une tendance antisémite.

Adjectif. Relatif à la religion juive"[6].

Dans son acception moderne, l'antisémitisme est né dans un contexte bien précis, celui de l'Europe et du "printemps des peuples" ou "mouvement des nationalités" qui, en France, culmina avec l'affaire Dreyfus (1894 à 1906) et dans l'empire Russe avec des vagues de pogroms successives et, en réaction, avec la théorisation du sionisme par Theodor Herzl[7].

C'est dans ce contexte que s'élabora et se développa la théorie du complot juif international relayé par les Protocoles des Sages de Sion[ii], un faux pamphlet décrivant les plans de conquête du monde par les juifs[8].

Mais, l'antisémitisme n'est qu'un avatar moderne de l'… antijudaïsme. Les persécutions des Juifs datent en effet du début du christianisme, lorsqu'ils furent accusés d'être "déicides"[9], c'est-à-dire d'être responsables de la mort de Jésus[10]. Nombre de professions leur étaient interdites, et c'est, parce qu'exclus de toute fonction administrative, qu'ils furent contraints de s'orienter vers le commerce de l'argent qui était, à l'époque, interdit aux chrétiens. Les Juifs ont souvent servi de boucs émissaires[11], c'est-à-dire accusés d'être responsables de catastrophes, comme la peste au Moyen-Âge. Mais il s'agissait bien d'antijudaïsme et non d'antisémitisme au sens de racisme car l'opprobre dont ils étaient victimes s'attachaient alors à la religion juive et non aux Juifs en tant qu'individus, que… "race"[12].

Au IVème siècle, Augustin d'Hippone, élabora la théologie dite du "Vetus Israël/Verus Israël" (ancien Israël contre véritable Israël) selon laquelle le peuple chrétien serait désormais le véritable peuple de l'Alliance, car Dieu se serait détourné des Juifs. De ce fait, le judaïsme serait condamné à disparaître et les juifs à se convertir. Cette idéologie, dire "supersessionisme" considérait que le judaïsme était condamné à disparaître et els Juifs à se convertir, de gré ou de force. Fondement théorique, canonique de l'antijudaïsme chrétien, elle s'accompagne d'un cortège de persécutions et de conversions forcées se résolvant, dans le meilleur des cas, dans le marranisme[13].

Dans le prolongement, la "limpieza de sangre " (pureté du sang) se développa en Espagne après l'expulsion des Juifs et des Musulmans de 1492. Selon cette "loi raciale", préfigurant à bien des égards celle l'Allemagne nazie mais aussi de la France collaboratrice, pour exercer certaines professions et, a fortiori, entrer dans certains ordres religieux, il était nécessaire de prouver qu'aucun ancêtre n'était juif, que l'on était donc un "pur sang", c'est-à-dire que l'on n'avait pas une seule goutte de sang de déicide dans ses veines !

Avec le temps et, singulièrement à partir du XIXème siècle, l'antijudaïsme a glissé vers l'antisémitisme, c'est-à-dire vers un racisme… "radical" : de l'hostilité, voire de la haine à l'égard des Juifs en général en raison de leurs (pseudo) caractéristiques physiques et morales[14]. En fait, pour une personne antisémite, les Juifs sont coupables d'être nés et d'exister, et ce quoi qu'ils fassent et où qu'ils soient. Ainsi, l'antisémitisme considère les Juifs comme une race à part entière alors même que la science anéantit cette théorie puisque, biologiquement, il n'existe qu'une seule race humaine, et que, linguistiquement, le fait d'être de religion juive n'implique pas forcément l'appartenance à un groupe ethnique en particulier.

Antisémitisme et sionisme se développent de pair dans une relation dialectique, chacun entraînant/justifiant l'autre et, en même temps, découlant de l'autre. Or, si pour les sionistes, il est un "mouvement construit sur les idéaux enracinés de justice et d'éthique de la tradition juive menant vers l'accomplissement de la prophétie selon laquelle Israël deviendrait "une lumière des nations", autrement dit comme "la forme moderne d'un rêve du peuple juif vieux de plusieurs millénaires pour reconstruire un état juif sur la terre d'Israël[15], en tant qu'idéologie et mouvement politique pour la fondation d'une "patrie juive", le sionisme a été considéré en 1975 par l'Assemblée générale des Nations unies comme "une forme de racisme et de discrimination raciale"[16] et même si cette résolution a été rapportée en 1991, le sionisme reste toujours un "racisme" selon certains arguments (particulièrement originaires d'états musulmans). [Voir l'historique du sionisme en note de fin[iii]]. C'est là un paradoxe qui… n'en est pas un et sur lequel je reviendrai plus loin.

Racisme, le mot est… lâché ! L'antisémitisme est donc un racisme qui frappe, aussi bien individuellement que collectivement, une catégorie d'humains, les individus (supposés) de religion juive, autrement dit des israélites, en raison aussi bien de leur appartenance religieuse (même si elle n'est pas fondée et que le soi-disant "juif" est… athée et même si, pour diverses raisons, notamment chez les adeptes de la secte vaticanesque, la référence religieuse est volontairement occultée) que de (supposés) traits de caractère emportant des comportements sociaux, des postures "morales", une psychologie… spécifiques, cette double caractéristique "érigeant" les juifs en une "race" à part, abusivement dénommée "sémite".

Mais, au fait, qu'est-ce que le racisme ?

"Le mot racisme se rapporte à un ensemble de pratiques, de croyances ou d'institutions qui opèrent une discrimination négative entre les êtres humains en fonction de leur appartenance supposée à telle ou telle race. Le racisme est aussi l'opinion selon laquelle la race détermine, avant toute autre caractéristique, les capacités d'un être humain, et qu'il convient donc de les traiter différemment selon leur race". Le racisme est aussi une théorie établissant un lien direct entre l'appartenance supposée d'un être humain à une race (ou sous-espèce) et ses caractéristiques physiques, intellectuelles ou morales. En ce sens strict, qui ne se réfère qu'à l'étude de faits biologiques (d'ailleurs discutés), on préfèrera le terme de racialisme, car les théoriciens du racisme se sont généralement moins intéressés à la pure biologie humaine qu'aux conséquences sociales de l'existence des races et aux éventuelles mesures à prendre. De ce fait, le racisme est généralement assimilé à une idéologie se fondant sur l'hypothèse racialiste pour justifier une relation d'ordre univoque sur l'ensemble des humains, justifiant et même nécessitant la mise en place de différences légales (ségrégation sociale et culturelle, discrimination politique, etc.), au nom des différences biologiques de groupe. Historiquement, il s'agissait généralement de justifier le droit (et même le "devoir") pour une race d'en dominer une ou plusieurs autres, notamment dans un cadre colonial. Soulignons toutefois qu'indépendamment de toute relation d'ordre entre les races, mais dans le cadre d'un certain eugénisme, le racisme a également désigné le droit pour un groupe à se "protéger" contre les conséquences supposées néfastes pour les générations futures d'un "abâtardissement".

Dans le langage courant, on utilise improprement le mot racisme pour parler de discriminations fondées sur d'autres critères tels la religion, la langue, le milieu social, etc.

On englobe parfois dans le terme "racisme" des attitudes ou comportements distinguant entre les personnes suivant leur origine sociale ou culturelle.

Le mot "raciste" est, de nos jours, sauf dans certains milieux peu nombreux, très négativement connoté, et est notamment associé aux théories nazies. Pour cette raison, le terme "raciste" est souvent utilisé à des fins polémiques à l'égard de personnes prônant des distinctions légales fondées sur la nationalité, voire l'origine culturelle, quand bien même ces distinctions ne feraient jamais appel à un concept racial ou génétique.

L'anti-racisme s'applique généralement à réfuter l'hypothèse de l'existence des races (Cf. racialisme[iv]), plus qu'à réfuter les éventuelles actions proposées"[17].

Le racisme est fort ancien. Sa forme la plus "primitive" est la xénophobie, du Grec xéno, "ce qui vient de l’extérieur" et phobie, "la peur", autrement dit, littéralement "la peur de ce qui vient de l’extérieur". La xénophobie est la peur de l'… étrangeté, c'est-à-dire, au sens premier, de la différence, de l'altérité, puis, et par extension, de ce qui est étranger au groupe, à la communauté, à l'État, à la nation…, qui ne possède pas soit la nationalité (c'est l'étranger au sens de venant de l'extérieur), soit la citoyenneté (c'est l'exclu, le relégué de l'intérieur : Paria, ilote, intouchable, esclave, serf, hérétique, sorcier…) du xénophobe.

Dans le langage courant, la xénophobie fait référence à la peur cliniquement reproductible de l’étranger, c'est-à-dire, par abus de langage, de celui qui ne possède pas la même nationalité que soi. Dans cette acception, elle est souvent confondue avec le racisme, ce qui n'est aucunement abusif mais, au contraire, révèle bien la nature du racisme : la peur de l'Autre et donc… le rejet, réactif ou "préventif", de l'Autre.

Forme moderne de la xénophobie, le racisme a des racines… religieuses puisque toute religion est manichéenne en divisant le "monde" et, a fortiori, les "êtres" en deux camps distincts, opposés, exclusifs l'un de l'autre : celui de(s) dieu(x) et celui du "démon" (ou du "non-dieu"), du "bien" et du "mal", du "vrai" et du "faux"…  Cette différenciation, parce que "de toute éternité", est… éternelle et héréditaire[18]. Fondée sur la (vraie) "vérité" elle est le fondement… sinon "scientifique", du moins idéologique, politique de nombreux racismes institutionnels comme ceux des castes (hindouisme), du colonialisme, du "messianisme civilisateur", de l'apartheid, du "développement séparé", du nazisme, de l'esclavagisme, du féodalisme, de l'épuration ethnique, de maints génocides… et, aussi, du… sionisme, puisque celui-ci consiste à chasser de leurs terres des "étrangers" et, au besoin, s'ils ne décampent pas assez vite, à les "trucider", afin de s'y installer au nom de… dieu[19] !

Un petit rappel attestant de l'origine religieuse du racisme moderne comme prolongement de la xénophobie archaïque : Pour les anciens Hébreux, un "gentil" était un… étranger, autrement dit un "non-hébreux, un non-israélite" tandis que pour les premiers chrétiens, un "gentil" était un païen, c'est-à-dire un "étranger", au sens de "à l'extérieur du royaume (terrestre) de dieu"[20] & [21].

Que, des points de vue scientifique, linguistique, sémantique et historique, le terme antisémitisme ne soit pas correct n'est pas vraiment l'essentiel car, après tout, qui maîtrise vraiment "sa" langue véhiculaire, qu'elle soit maternelle ou d'emprunt ? Non, l'essentiel est ailleurs.

Non, l'essentiel est que d'aucun(e)s, nullement désintéressé(e)s, comme on peut l'imaginer et… le comprendre, veulent faire accroire que l'antisémitisme, dans son acception correcte de racisme anti-juif, est LE RACISME, le seul racisme ou, du moins, le seul… VRAI racisme et que, par exemple, contester cette affirmation est… raciste, antisémite, comme l'est, crime raciste, encore plus abominable, de dire que le sionisme est un racisme (parmi d'autres, ce qui en fait, hélas, un racisme tout à fait ordinaire, banal, commun , courant) et ce, en raison d'un postulat simple, pour ne pas dire simpliste, qui relève de la logique religieuse la plus archaïque, celle du (gros, lourd) manichéisme : "Il n'y a de racisme que l'antisémitisme ; or : juif = sémite (identité "remarquable) ; par conséquent : s'il n'y a d'autre racisme que l'antisémitisme, les Juifs, victimes par excellence du racisme, ne peuvent pas être… racistes" !

Comme je l'ai dit précédemment, l'antisémitisme comme "concept" est récent (fin du XIXème siècle). En revanche, els exactions commises, souvent en toute "légalité" car, en application de la Loi ou du fait du Prince (religieux et/ou laïque), les exactions commises à l'encontre des Juifs ont parsemé l'Histoire depuis l'érection de la secte chrétienne en religion établie. Pourtant, les victimes de ces exactions ne revendiquaient pas pour autant une victimisation particulière, absolue, celle de… l'antisémitisme (ou même de l'antijudaïsme).

D'un point de vue historique, l'antisémitisme a d'abord été revendiqué par les tenants d'un complot "judaïque" (et, souvent "judéo-maçonnique" et/ou "judéo-communiste") qui, par ailleurs, se revendiquaient du nationalisme (Exemple en France, Charles Maurras[22]) ET de la religion établie (catholicisme, orthodoxisme…). Et ce n'est qu'à partir du "printemps des peuples" que des Juifs se sont mis à revendiquer cette victimisation pour commencer à justifier et à théoriser (sionisme) la fondation d'un état… "juif" (Sion, Israël…).

Cette revendication des victimes est devenue ce que nous connaissons de nos jours[23] non pas vraiment après la seconde guerre mondiale comme on aurait pu s'y attendre mais de 1967, au lendemain de la guerre dite "des Six jours"[24] au motif que l'"holocauste" dont ont été victimes les Juifs du fait des nazis est… l'Holocauste, le seul et unique holocauste de toute l'Histoire parce qu'il n'y a qu'un seul racisme, c'est l'antisémitisme et que les seules victimes du racisme sont et ont toujours été… les Juifs ![25]

Selon Émile Littré, "holocauste", (o-lo-kô-st'), s. m., désigne :

1° Chez les Juifs, sacrifice où la victime était entièrement consumée par le feu. "Abraham, levant les yeux, aperçut derrière lui un bélier qui s'était embarrassé avec ses cornes dans un buisson, et, l'ayant pris, il l'offrit en holocauste au lieu de son fils", SACI, Genèse, XXII, 13.

Fig. "Quiconque fait la volonté d'autrui par un renoncement sincère à la sienne, fait une excellente oraison et un sacrifice d'holocauste qui monte en odeur de suavité jusqu'au trône de Dieu", BOSSUET Serm. Oblig. de l'état relig. 3. "Notre sacrifice n'est point un simple sacrifice, mais c'est un holocauste où toute la victime doit être consommée", BOURD. Pensées, t. II, p. 427. "Consumez, transportez, anéantissez mon coeur, faites-en l'holocauste parfait", FÉN. t. XVIII, p. 306.

2° La victime ainsi sacrifiée. Mettre l'holocauste sur l'autel.

3° Sacrifice en général. Jésus-Christ s'est offert en holocauste pour nos péchés.

Remarque : Au XVIIe siècle, holocauste était indifféremment masculin ou féminin : Ces saintes holocaustes ne sont plus des holocaustes, s'il en reste quelque chose, PATRU, Plaidoyer 15, dans RICHELET.

Étymologie : En grec, terme dérivé de entier, et brûlé".

Le mot holocauste est donc un terme religieux qui, chez les Hébreux, désignait le sacrifice par le feu d'un animal mâle à la robe unie après immolation, conformément à la tradition du judaïsme; il est apparu en français au XIIIe siècle, emprunté dans la traduction française de la Bible au latin ecclésiastique holocaustum, lui-même tiré du grec λκαυστον (de λος /hólos "en entier" et καυστς /kaústos "brûler")[26].

Par la suite et par extension, il se mit à signifier la forme la plus contraignante d'adoration religieuse, d'où l'expression "Mieux vaut l'offrande que le sacrifice, mieux vaut le sacrifice que l'holocauste" (Léonce Bourliaguet).

À la fin du XXe siècle, des réalisateurs américains utilisèrent ce terme dans une acception impropre pour faire référence à la tentative d'extermination de groupes de personnes jugées indésirables par le Troisième Reich : malades mentaux, Tziganes, Juifs, Russes, Polonais, témoins de Jéhovah, pacifistes, communistes, homosexuel(le)s… et, plus généralement, tous les "étrangers à l'ordre nazi".

En dehors de sa référence religieuse, un "holocauste" est donc le massacre systématique d'un ou plusieurs groupes de personnes en raison de leurs identités, autrement dit, relativement aux auteurs du massacre, de leurs… différences, de leur… "étrangeté". Or, des massacres, l'Histoire en enregistre depuis l'aube des temps et, plus exactement, depuis l'apparition des premiers États [Cf. liste non exhaustive en note de fin[v]].

L'horreur est absolue ou… n'est pas ! Elle ne se mesure pas au nombre de litres de sang versé, au nombre de personnes massacrées mais, d'un point de vue "objectif", à ce jour, le "massacre" le plus important est, sans conteste possible, la conquête de l'Inde par les (arabo)musulmans (Turcs, Afghans puis Moghols) fit, "au bas mot, du Xème au XVème siècles, plus de 80 millions de victimes même si, en fait, en valeurs relatives, la médaille d'or doit revenir aux "champions de la Liberté ", aux "gendarmes du monde (libre)", aux "héros de la liberté immuable", aux "soldats de la Justice sans limite"… les U.S.A. qui, fait unique dans l'Histoire, ont failli mener à terme un génocide : l'élimination systématique des "indigènes", en l'occurrence les Indiens d'Amérique, pour, en reprenant le mot (assassin) du sionisme "permettre à des gens sans terre d'occuper une terre sans gens" ![27] et, ainsi, vider pratiquement un continent de sa population d'origine[28]. Génocide d'autant plus systématique, méthodique, "taylorien" avant la lettre qu'il s'est accompagné (et se poursuit encore du fait de la résistance des "survivants") d'un ethnocide.

Génocide[29]… Le mot est tout à fait approprié lorsque le massacre vise à l'élimination physique (massacres proprement dits mais aussi dispersion et, faits constants dans l'Histoire, métissage de la "race" par les viols, interruption de la reproduction par la stérilisation[30] et la castration, "abrutissement" de la race en vue de sa dégénérescence par l'alcoolisation, l'intoxication, la contamination...[31]) d'un groupe "humain", quel que soit le point de vue sous lequel ce groupe est considéré : "racial", culturel, social, politique, sexuel, linguistique…

Or, le Troisième Reich, à l'évidence, a engagé simultanément ou successivement, plusieurs génocides, le premier ayant visé, dès 1935, les malades mentaux et les personnes atteintes d'une maladie héréditaire ou supposées telle (cécité, alcoolisme, schizophrénie...) au nom de l'eugénisme [Voir note de fin[vi]], puis, en même temps, les Juifs, les Tziganes et les opposants politiques (communistes et anarchistes en premier chef)[32].

Mais, l'Histoire est étrange et il est des génocides "discrets" ou oubliés comme celui des tziganes :

Samudaripen, le génocide des Tsiganes :

"Parce qu'ils étaient considérés comme des "asociaux", entre 250 000 et 500 000 Tsiganes, sur les 700 000 qui vivaient en Europe, ont été exterminés pendant la seconde guerre mondiale par les nazis et leurs alliés, à l'exception de la Bulgarie. L'imprécision de ces statistiques est due à la fois à la pénurie de documents les concernant et à leur propre tradition : "Le peuple tsigane n'est pas un peuple du souvenir, mais de l'oubli." Et même les juifs sont "rares à se souvenir de ces misérables, aussi désemparés qu'eux, conduits à la chambre à gaz". Génocide oublié auquel participa également la France de Vichy en les plaçant, dès octobre 1940, dans des camps d'internement, placement facilité par la loi de 1912 ordonnant leur fichage comme "nomades".

Ceux qui échappèrent à la déportation à l'Est, synonyme d'extermination, restèrent internés jusqu'en... 1946. La Libération , comme la population française, les a ignorés. Et, pourtant, certains avaient rejoint la résistance des "gadjé". Les Tsiganes n'en demeurent pas moins invisibles, et l'État français, à la différence de l'Allemagne et de la Suisse qui ont au moins partiellement honoré leur dette à leur égard, ne veut toujours rien savoir sur le plan des réparations, même symboliquement. Vous avez dit négationnisme ?[33]"

Jean-Jacques Gandini

Comme le démontre Finkelstein Norman G. l'industrie de l'Holocauste est une mécanique bien huilée qui, depuis 1967, tourne à plein régime, au point de réussir à faire sen sorte que, désormais, l'opinion publique admet qu'il n'y a jamais eu d'autre holocauste (au sens de massacre systématique et, mieux, de génocide) que celui dont les Juifs ont été victimes du fait des nazis en ce qu'il est UNIQUE parce que les Juifs sont… d'une spécificité absolue, autrement dit… uniques[34] & [35].

Il en résulte que toute contestation de cette affirmation, toute analyse critique des chiffres donnés à cette occasion, toute recherche historique "non orthodoxe", toute interrogation de propos avancés aux fins de vérification, toute mise en doute d'affirmations… sont taxées de.. négationnisme et/ou d'antisémitisme.

Mais qu'est-ce que le négationnisme ? Au sens strict, c'est un "discours consistant à nier l’existence même de faits historiques"[36]. Sur cette base, le négationnisme peut prendre plusieurs formes, distinctement (e, éventuellement, exclusivement) ou simultanément :

Le négationnisme le plus connu, parce que le plus médiatisé, le plus… imposé, est celui de l'"Holocauste des Juifs" (ou "Shoah"). Or, outre ceux mentionnés ci-dessus, il existe de nombreux génocides et massacres qui sont niés : le génocide Rwandais, le génocide Africain dans le cadre de la "Traite des nègres", le stalinisme avec ses faux-vrais procès, ses goulags…, le maoïsme avec la révolution culturelle… [On trouvera une liste non exhaustive de massacre en note V de fin].

Mais il en est un dont on ne parle pas beaucoup parce qu'il est interdit d'en parler sous peine d'être accusé de… négationnisme et de racisme ou, plus précisément, d'antisémitisme! Il s'agit de ce négationnisme qui postule qu'il n'y a eu d'autre holocauste que l'Holocauste[40] des Juifs par les nazis, que cet Holocauste est absolu et unique parce que les Juifs sont… absolus et uniques et que, en définitive, il n'y a d'autre racisme que l'antisémitisme, lequel est, lui aussi, absolu et unique.

Nier le génocide des Juifs par les nazis est une chose qui relève bien du négationnisme au sens scientifique du terme. Mais dire que les nazis se sont livrés à d'autres génocides (contre els malades mentaux, les tziganes, les Russes…) en est une autre qui ne peut être refusée/réfutée que pour cause de… négationnisme !

La victimisation absolue dont le sionisme se réclame pour caractériser l'"Holocauste" présente de nombreux "avantages" parmi lesquels, en premier lieu, la dispense faites aux "descendants des survivants" d'être convoqués devant les tribunaux de l'Histoire ou même des gens pour répondre des exactions qu'ils peuvent commettre à l'égard, par exemple, des Palestiniens[41] et, a fortiori, d'appliquer le droit international tel que résultant de la Déclaration Universelle des droits de l'Homme (et de ses textes subséquents) ainsi que des résolutions des Nations unies (Assemblée générale ou Conseil de sécurité).

Il est toujours difficile et, à mon sens, impossible, de graduer l'horreur lorsqu'il s'agit d'exactions commises à l'encontre d'un individu ou d'un groupe d'individus, dès lors qu ces exactions ne sont pas seulement de la maltraitance, physique et/ou psychologique, éventuellement, "abominable", mais, fondamentalement, de la négation de l'Autre dans sa dignité humaine, c'est-à-dire dans l'anéantissement de son humanité. Mais, tout de même, n'y a-t-il pas comme un "summum de l'horreur" dans l'accomplissement d'exactions par une "communauté" qui se prévaut d'avoir été la victime d'une horreur absolue lorsque ces exactions, outre leurs cortèges de blessures, de tortures, de meurtres, d'enfermements arbitraires, de destructions…, consistent à bafouer les droits fondamentaux et les libertés individuelles de victimes qui, en dernier ressort, parce que privées de ces droits et libertés, sont niées dans leur humanité ?[42]

L'iconographie officielle des camps de concentration et d'extermination se complait à héroïser les victimes du nazisme. Et s'il est vrai que ces camps ont connu de nombreux actes héroïques, il n'en demeure pas moins que l'univers concentrationnaire, en raison même de son totalitarisme, a provoqué la déshumanisation systématique, méthodique, "scientifique" des prisonniers et que beaucoup, pour survivre, ne serait-ce que quelques jours, poussés par un sinon légitime, du moins compréhensible instinct de survie[43], n'ont pas hésité à commettre sur d'autres des exactions[44] de même nature que celles dont ils étaient eux-mêmes victimes, ce qui faisait la grande joie des bourreaux sans pour autant leur garantir de… survivre ! Ceci pour dire que, à force d'être déshumanisé, un individu est capable de commettre les pires "horreurs" et que le "terrorisme du désespoir"[45] est la rançon, quasi inévitable, de toute entreprise totalitaire tendant à déshumaniser l'Autre en le privant de ses droits fondamentaux et de ses libertés individuelles.

Pour moi, le racisme, comme négation/refus de l'Autre, est singulier et non pluriel, en ce qu'il est universel et non particulier et, a fortiori, "sélectif", pour ne pas dire, ce qui serait un comble,… ségrégationniste ! Le racisme nie l'humanité de l'Autre, cet Autre dans lequel donc le raciste ne "se reconnaît pas" comme si les différences [physiologiques, morphologiques, génétiques, biologiques, psychologiques…, culturelles, sociales, historiques…] de l'Un et de l'Autre étaient constitutives de "catégories", d'"espèces", de "races" et non du patrimoine commun de l'espèce humaine : l'humanité.

Dans ce sens, le terme xénophobie est préférable à celui de racisme car celui de racisme laisse supposer qu'il y aurait des races alors qu'il n'y a qu'une seule "race", l'espèce humaine dans la totalité de ses diversités. Il l'est d'autant plus que le suffixe "phobie[vii]" renvoie bien à ce dont il s'agit : une maladie mentale[46], qui serait, en quelque sorte, la maladie infantile de l'humanité qui n'est pas encore née à elle-même. Personnellement, je suggère d'utiliser le terme d'"alterophobie" qui me semble plus universel que celui de "xénophobie" dans la mesure où l'Autre n'est pas forcément un tiers situé à l'extérieur de l'espace social, politique, culturel, psychologique, historique… du "phobiste".

Humaniste et donc… anar, je suis nécessairement, aussi… athée et même "mécréant",, ce qui fait que, pour ma posture "négative", je suis anti-judaïque, comme je suis anti-catholique, anti-islamique, anti-bouddhique, anti-scientologique…, autrement dit : IRRELIGIEUX. Je ne considère pas qu'il y a de "bonnes" et de "mauvaises" religions ou même seulement de "moins mauvaises" : elles n'ont toutes qu'une seule et même place : la poubelle de l'Histoire car tant qu'il y aura des religions (qu'elles soient religieuses stricto sensu ou autres et, notamment, politiques), l'humanité ne pourra pas naître à elle-même puisque l'espèce humaine continuera d'être divisée au lieu d'être, à la fois, une dans son essence (la "nature humaine") et multiple (l'unicité de chaque individu).

Ainsi compris, je suis anti-judaïque et aucunement anti-… sémite puisque, humaniste, je ne peux être alterophobe, sauf à accepter cette contradiction absolue, irréductible qui consisterait à ne pas être ce que je prétends être et, bien entendu, ce que je suis et ce que je revendique être en assumant, en toute conscience et en pleine responsabilité, toutes les conséquences d'une telle revendication.

Anti-judaïque, parce qu'humaniste, je ne puis pour autant admettre, toujours parce qu'humaniste, que l'on puisse être "anti-sémite", au sens (corrigé) de "raciste anti-juif" et, plus précisément, "anti-israélien", sous prétexte que l'État israélien, en dernier ressort, est un état théocratique puisqu'il confond religion et nationalité ; en effet, ou bien cet "anti-sémitisme" relève bel et bien du racisme, de l'alterophobie, et je n'ai rien à en dire car, n'étant pas psychiatre, je ne suis pas en mesure de soigner et, a fortiori, de guérir, les personnes atteintes de cette maladie mentale, ou bien il s'agit d'une confusion de mots et, en fait, de sens, et ce dont il est question est l'anti-sionisme, auquel cas, je suis anti-sioniste, comme je serais "anti-palestiniste", s'il y avait un projet d'érection d'un État Palestinien "purifié" de tous ses "gentils", "mécréants", "parias"… que seraient les individus non-conformes à une quelconque "norme", élue par quelque "autorité" que ce soit.

Et c'est donc conséquent avec moi-même que je considère qu'anti-sémitisme et sionisme sont deux symptômes d'une seule et même maladie, la xénophobie, l'alterophobie, de même que je considère que relève du négationnisme tout discours qui prétend faire de l'anti-sémitisme le "racisme" par excellence et, ce faisant, qui affirme qu'il n'y a eu – et n'y aura – d'autre holocauste que l'"Holocauste" des Juifs par les nazis.

Ce qu'il y a d'atroce, d'insupportable dans l'alterophobie c'est qu'elle est une haine… ordinaire. Aucune phobie de l'autre n'est exceptionnelle, unique au sens d'… extraordinaire. La haine du Juif est aussi banale, ordinaire que la haine du Palestinien, de l'homosexuel(le), du "ceci" ou du "cela"… Et c'est justement cette banalité qui fait que cette maladie est aussi "tenace" et donc aussi… mortelle.

A bien considérer les choses, l'alterophobie, dans toutes ses déclinaisons spatiales et temporelles, conjoncturelles ou durables, a pour "essence" le refus de la différence. Or, il n'y a d'acceptation absolue, sans la moindre exclusive, de la Différence et donc de TOUTES les différences que dans cette forme achevée de l'humanisme, qu'est… l'anarchisme.

Ce n'est pas là un hasard. Ou bien alors, si c'est un hasard c'est celui de la liberté, qui est celle du choix, de la volonté qui est un renoncement (positif) au règne de la nécessité, de la fatalité. Ce hasard n'est pas un simple "aléa", un banal accident : il est la première conséquence de l'acte que pose librement celui-celle qui fait le choix de naître à son humanité : la RÉVOLTE car il n'y a d'humanité quand dans/par la révolte, il n'y a d'humain que révolté puisque… "Je me révolte, donc nous sommes"[47].

***

Bibliographie très succincte[48]



[1] L’originalité de Marr consiste moins dans le contenu raciste de son pamphlet que dans le fait qu’il isole l’argumentaire judéophobe de tout contexte politique et social et rend sa critique des Juifs, autonome (Jacob Katz, ibid., p. 260).

En fait, le terme antisémite, mais dans le sens de "non-sémite" ("antisemitische"), est apparu en 1860 dans le Staatslexikon de Rotteck et Weckler, à l’article "Semitische Völker" (voir Reinhard Rürup, Emanzipation und Antisemitismus: Studien zur “Judenfrage” der bürgerlichen Gesellschaft, Göttingen, 1975, p. 95 et 174.

[2] Les Hébreux auraient été… déicides, c'est ce qu'affirme la secte vaticanesque. C'est là une accusation bien… curieuse ! En effet, comment peut-on tuer dieu qui, par définition, est… immortel ? S'il peut être tué, c'est qu'il est mortel et donc qu'il n'est pas dieu ! De plus, le dieu des cathos et le dieu des juifs, en définitive, c'est le même, plus ou moins ? alors comment aurait-il pu être tué pour les uns parc ceux-là mêmes qui l'adoraient ? Dans le fond, de (pseudo) régicide, ce fut tout de même un bon coup de pub pour la secte vaticanesque ?

[3] Ainsi, pour le "Petit Robert" le terme "sémite" est couramment, mais abusivement assimilé à "juif" et donne comme exemple l'expression "Avoir un type sémite, israélite". L'antisémitisme fait donc l'amalgame entre la religion juive et le "peuple hébreu", autrement dit, les israélien(ne)s de confession judaïque [Mais, s'agissant d'un état théocratique, comment peut-on ne pas être israélien et juif ?] et les juifs de la diaspora qui, en raison même de leur judaïsme peuvent - de préférence s'ils sont blancs !!!! – revendiquer la "nationalité" israélienne. Or, faut-il le rappeler, même si le judaïsme est la religion majoritaire des "hébreu"x, tous les "hébreux" ne sont pas juifs et tous les Juifs ne sont pas hébreux. Ainsi, avant les persécutions nazies, l'Allemagne comptait de nombreux juifs de nationalité allemande. le yiddish, langue véhiculaire de la diaspora juive, est "fortement" germanique (y compris dans son accent), on a retrouvé des juifs (oubliés de l'Histoire) en Éthiopie, de nomvbreux atéhes sont issus de familles juives…

[4] Terme construit sur "Sem", soi-disant fils de Noé, le père fondateur de la Société de Protection des Animaux.

[5] Dans le classement général des langues, vivantes ou éteintes, les langues sémitiques font partie de la famille des langues afro-saiatiques :

Langues afro-asiatiques

[6] Dictionnaire Littré :

1° Celui, celle qui appartient au peuple hébreu, au peuple qui habita jadis la Palestine. Un Juif, une Juive (avec une majuscule). Les Juifs charnels tiennent le milieu entre les chrétiens et les païens : les païens ne connaissent point Dieu, et n'aiment que la terre ; les Juifs connaissent le vrai Dieu, et n'aiment que la terre ; les chrétiens connaissent le vrai Dieu, et n'aiment point la terre, PASC. Pensées, XV, 12, édit. HAVET.

2° Celui, celle qui professe la religion judaïque (avec un j minuscule). Un juif est un Français, un Allemand, un Anglais, etc. professant la religion juive. Secondement, il doit à Jérémie Aaron, Usurier de métier, juif de religion, REGNARD, le Joueur, III, 4. Voici mon noble aïeul ; Il vécut soixante ans, gardant la foi jurée, Même aux juifs ! V. HUGO, Hernani, III, 6.

    Être riche comme un juif, être fort riche. Un marchand nouvellement arrivé et plus riche qu'un juif, LE SAGE, Guzm. d'Alfar. I, 4.

3° Fig. et familièrement. Celui qui prête à usure ou qui vend exorbitamment cher, et, en général, quiconque cherche à gagner de l'argent avec âpreté. Il y a longtemps que je n'ai vu le jeune Sanche : c'est un jeune homme affamé de gagner et bien juif, à mon gré, GUI PATIN, Lett. t. II, p. 186. Comment diable ! quel juif, quel arabe est-ce là ? c'est plus qu'au denier quatre, MOL. l'Avare, II, 1. Adieu juif, le plus juif qui soit dans tout Paris, REGNARD, le Joueur, II, 14. Les arabes ! les juifs ! ouf ! ouf ! je n'en puis plus ; Ose-t-on égorger les gens de cette sorte ? Pour enterrer ma femme exiger vingt écus ! J'aimerais presque autant qu'elle ne fût pas morte, PONS (de Verdun).

    JUIF. - ÉTYM. Ajoutez : D'après M. d'Arbois de Jubainville (Revue celtique, t. II, p. 129), la forme juif, ne pouvant venir directement du latin judaeus, suppose un bas-latin judévus (syncope du d, et changement d'e en i et de v en f) ; cette supposition est corroborée par le breton armoricain juzev.

[7] Theodor Herzl, né le 2 mai 1860 à Budapest (quartier de Pest), mort le 3 juin 1904 à Edlach (Autriche), était un journaliste et homme politique hongrois, de confession israélite. Il est le fondateur et théoricien du sionisme.

[8] Léo Taxil imposteur fort connu, pourfendeur des maçons fut un ardent propagandiste de la théorie du "complot juif".

[9] Les Hébreux auraient été… déicides, c'est ce qu'affirme la secte vaticanesque. C'est là une accusation bien… curieuse ! En effet, comment peut-on tuer dieu qui, par définition, est… immortel ? S'il peut être tué, c'est qu'il est mortel et donc qu'il n'est pas dieu ! De plus, le dieu des cathos et le dieu des juifs, en définitive, c'est le même, plus ou moins ? alors comment aurait-il pu être tué pour les uns pendant qu'adoré par les autres ?

On notera par ailleurs que cette accusation se fonde sur la notion, contraire au droit positif, de "culpabilité collective" et… "héréditaire" !

[10] Ce n'est que lors du concile Vatican II (1965) que cette accusation fit "formellement" retirée.

[11] Le terme de bouc émissaire correspond à l'origine à un rite expiatoire annuel des Hébreux longuement décrit dans le seizième chapitre du Lévitique. Le grand prêtre devait prendre deux boucs puis les tirer au sort. L'un était directement sacrifié à Dieu, tandis que l'autre était envoyé dans le désert vers Azazel, démon sauvage, sans doute un ange déchu, dont le nom signifie dieu-bouc. C'est ce deuxième bouc qui est appelé bouc émissaire, du latin ecclésiastique caper emissarius (le bouc envoyé, lâché). Le rôle exact du bouc émissaire est clairement décrit dans le texte biblique : "Aaron lui posera les deux mains sur la tête et confessera à sa charge toutes les fautes des Israélites, toutes leurs transgressions et tous leurs péchés. Après en avoir ainsi chargé la tête du bouc, il l'enverra au désert sous la conduite d'un homme qui se tiendra prêt, et le bouc emportera sur lui toutes leurs fautes en un lieu aride." (Lévitique XVI:21-22)

L'expression française bouc émissaire est mentionnée dans le dictionnaire de Furetière (1690), avec une définition identique à celle donnée ci-dessus. Par la suite, on l'a utilisée pour désigner une personne sur laquelle on fait retomber les fautes des autres. Ce sens est déjà attesté au XVIIIe siècle, Georges Clemenceau le reprendra plus tard à propos de l'affaire Dreyfus : "Tel est le rôle historique de l'affaire Dreyfus. Sur ce bouc émissaire du judaïsme, tous les crimes anciens se trouvent représentativement accumulés." (cité par le TLF). Chez les ethnologues contemporains, le concept de bouc émissaire désigne l'ensemble des rites d'expiation dont use une communauté. Le premier à avoir utilisé ce concept est James George Frazer, qui a écrit un ouvrage dont le titre français est Le bouc émissaire, étude comparée d'histoire des religions (première traduction en 1925). Plus récemment, René Girard est également l'auteur d'un ouvrage intitulé Le Bouc émissaire (1982). [Source : Wikipédia, l'encyclopédie libre].

[12] C'est pourquoi, et sauf exceptions historiques comme en Espagne, la conversion d'un Juif au catholicisme le mettait à l'abri des persécutions.

[13] En Espagne puis au Portugal, les "nuevos converso"s appelés "marrane"s (d'étymologie discutée, mais "porcs" en Espagnol est la plus fréquemment admise) sont, au sens propre, des Juifs séfarades contraints à se convertir au catholicisme par l'Inquisition lors de la Reconquista et plus tard encore. Beaucoup d'entre eux durent fuir dans le sud de la France , en Flandre ou en Italie mais aussi dans l'empire ottoman.

Au Portugal, beaucoup d'entre eux conservèrent leurs rites dans la clandestinité jusqu'à nos jours. Privés de rabbinat, leur calendrier s'est christianisé. Sans contact depuis des siècles avec le reste de la communauté, certains jusqu'il y a peu ignoraient leurs origines juives.

Certains plats, tels le "porco a alentejana" au Portugal, furent, selon la légende, élaborés dans le but de débusquer ceux qui étaient suspects de conserver des coutumes kasher.

Maïmonide, Baruch de Spinoza et la mère de Michel Eyquem de Montaigne furent marranes.

Par extension, se dit de tout converti au catholicisme par la force et, particulièrement, des renégats protestants des Cévennes et de Normandie. Convertis lors des dragonnades, ils pratiquaient le catholicisme le dimanche et conservaient leur foi spécifique en cachette comme en témoignent les caches spécifiques pour les Bible sous le foyer des cheminées des maisons cévenoles et les bibles de chignon d'un format si petit qu'on pouvait les cacher dans le chignon des femmes.

[Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Marranisme]

[14] Cf. la mythologie antisémite, toujours bien vivante, des prétendus nez proéminents ou goût pour l'argent.

[15] Sion était l'un des noms proposés pour l'État israélien. Pour certains juifs orthodoxes, la création et, a fortiori, l'existence d'un état israélien est une… hérésie !

[16] Résolution 3379 de l'ONU.

[17] Wikipédia, l'encyclopédie libre, Article "racisme".

[18] Chez les "communistes orthodoxes", on retrouve ce racisme fondé sur l'hérédité puisque, c'est bien connu, sauf pour les prophètes et les saints, naître dans une famille bourgeoise voue à être bourgeois !

[19] Les sionistes se réclament en effet d'une "élection" divine, élection qui a cette particularité d'exclure tous ceux qui ne sont pas israélites, autrement dit pratiquement toute la gens humaine !

[20] Dictionnaire Littré : GENTIL (jan-ti ; l'l ne se prononce jamais ; au pluriel, l's se lie : les jan-ti-z et leur apôtre), s. m.

    Il se dit des anciens polythéistes, par opposition aux Juifs et aux Chrétiens. C'était un gentil. Nous avons été baptisés dans le même esprit, pour n'être tous ensemble qu'un même corps, soit juifs ou gentils, soit esclaves ou libres, SACI, Bible, St Paul, 1re épît. aux Corinth. XII, 13. Voyez ces serpents, voyez ces reptiles et ces autres animaux immondes, qui vous sont présentés du ciel ; c'est les gentils, peuple immonde, et peuple qui n'est pas peuple, BOSSUET Serm. vérité de l'Église, 1. En cette promesse était enfermée la venue du Messie tant de fois prédit à nos pères, mais toujours prédit comme celui qui devait être le sauveur de tous les gentils et de tous les peuples du monde, ID. Hist. II, 2. Il [saint Pierre] en avait déjà pris le gouvernement [de l'Église], quand saint Paul lui dit en face qu'il ne marchait pas droitement selon l'Évangile, parce qu'en s'éloignant trop des gentils convertis, il mettait quelque espèce de division dans l'Église, ID. Sermons, Unité de l'Église, 1. C 'était un gentil, mais tout gentil qu'il était, il avait de la religion, BOURD. 4e dim. apr. la Pentec. Dominic. t. II, p. 417. Les Israélites ne s'éloignaient pas également de toutes sortes d'étrangers, quoiqu'ils les comprissent tous sous le nom de goïm ou gentils, FLEURY, Moeurs des Israél titre XIII, 2e partie, p. 149, dans POUGENS.

    L'Apôtre des gentils, saint Paul. On dit de même : le docteur des gentils. La figure de ce monde passe, poursuivait le docteur des gentils, BOURD. 2e dim. après l'Épiphanie, Dominic. t. I, p. 106.

    Adj. Né d'un père gentil et d'une mère chrétienne.

ÉTYMOLOGIE :

    Lat. gentilis, de gens, nation (voy. GENT 1). Les juifs disaient les nations, en grec, pour signifier les peuples étrangers à leur culte ; à leur imitation les chrétiens latins ont appelé gentiles ceux qui n'appartenaient pas à la religion chrétienne. [Souligné par moi, JC].

[21] Ce terme de "gentil" est à rapprocher de celui de "goy" [gcj] ou goï [gcj], nom et adjectif,  (mot hébreux, chrétien). Pluriel savant : goïm. Terme par lequel les juifs désignent les non-juifs, autrement dit quasiment toute l'humanité qui, elle n'a pas l'heur d'être l'élue de dieu !

[22] Charles Maurras est un journaliste, essayiste, homme politique et poète français, né le 20 avril 1868 à Martigues (Bouches-du-Rhône), mort le 16 novembre 1952. Dirigeant et principal fondateur du parti royaliste orléaniste Action Française. Il fut élu à l'Académie française le 9 juin 1938, au fauteuil 16, succédant à Henri Robert. Sa réception officielle eut lieu le 8 juin 1939. À la suite de sa condamnation pour intelligence avec l'ennemi, l'Académie, passant outre la lettre de l'ordonnance du 21 novembre 1944, ne procéda pas à la radiation de Charles Maurras, comme elle le ferait également quelques mois plus tard pour le maréchal Pétain : elle se contenta, dans sa séance du 1er février 1945, de constater la vacance du fauteuil et de décider de ne procéder à l'élection du remplaçant qu'après le décès du titulaire. Ce remplacement eut lieu en 1953, avec l'élection d'Antoine de Lévis-Mirepoix.

[23] L'impossibilité, par exemple, de faire quelque critique que ce soit de l'État israélien sous peine d'être accusé d'antisémitisme au motif (simpliste) que antisionisme = antisémitisme !

[24] Voir à ce sujet : Finkelstein Norman G. : L'industrie de l'Holocauste (avec une postface de Brauman Rony), La Fabrique éditions.

[25] En France, au terme d'Holocauste, on préfère celui de "Shoah", mot hébreu signifiant "cataclysme" (et pas nécessairement, au contraire, une catastrophe naturelle). Ce terme a l'"avantage" de ne pas avoir de connotation religieuse.

[26] Les Grecs pratiquaient aussi une forme d'holocauste dans le cadre des rituels chtoniens, l'νγισμα /enágisma aux dieux chtoniens. Il ne s'agissait pas de partager avec les morts ou les dieux mais de faire une offrande. C'est pourquoi, la victime était placée près du sol, ou directement au sol, la tête tournée vers la terre, son sang étant recueilli dans une fosse, le βθρος /bóthros, afin de nourrir les puissances d'en-bas, pour les invoquer ou les appaiser puis intégralement brûlée.

[27] Je rappelle au passage que, à cette occasion, l'armée U.S. a, pour la première fois de l'Histoire, usé d'une guerre bactériologique par la contamination des Indiens par le virus de la variole (et, accessoirement, de la tuberculose).

[28] Et je ne parle pas de la traite des Noirs et de ces centaines de milliers de victimes !

[29] Le génocide est l'extermination intentionnelle, systématique et programmée d'un groupe ethnique, linguistique, national, religieux ou racial. Étymologie : Le terme génocide est un néologisme formé à partir du grec genos (naissance, genre, espèce) et du terme latin, caedere (tuer). Histoire : Le terme est apparu pour la première fois dans un document officiel en octobre 1945 : l'acte d'accusation du Tribunal militaire international de Nuremberg. Il a été créé par le juriste polonais Raphaël Lemkin en 1944, pour tenter de définir les crimes perpétrés par les nazis à l'encontre des peuples juif et tzigane durant la Seconde Guerre mondiale. Il témoigne d'une double volonté de la part de la communauté internationale : 1 - celle de punir un crime jusque-là inconnu dans le vocabulaire juridique pénal ;  2 -celle de qualifier la destruction systématique du peuple juif par l'État hitlérien allemand. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nocide

[30] Entre 1934 et 1945, plus de 400 000 Allemand(e)s ont été stérilisé(e)s sous le troisième Reich.

[31] Il n'y a rien de neuf sous le soleil de… l'horreur : tout a été inventé depuis l'aube des temps ; seule, la "productivité" de l'horreur change !

[32] En 1938, le 6 septembre, les Témoins de Jéhovah refusent dans leur grande majorité une abjuration de leur foi, proposée par les SS et sont internés ; le 14 octobre, Hermann Göring annonce l'aryanisation des biens juifs et l'internement de ceux-ci en camp de travail et, le8 décembre, Heinrich Himmler promulgue le décret de sur la répression du "fléau tzigane".

[33] Proportionnellement à la population européenne totale, il y a donc eu autant de Tziganes exterminés que de Juifs.

[34] "Il y a un État, et il est différent de tous les autres. Il est juif et, pour cela, il est plus humain que n'importe quel autre". Elie Wiesel…. (Sans commentaire et sans appel sauf à courir le risque de se faire traiter d'antisémite !].

[35] L'industrie de l'Holocauste permet de nombreuses impostures intellectuelles, notamment du point de vue historique : or, par exemple, contrairement à ce qui est régulièrement affirmé (sans preuve) les premiers camps de concentration (modernes) n'ont été allemands et ouverts à destination des Juifs, mais Anglais et créés en Afrique du Sud durant leur guerre contre les Boers (1899-1902) pour y enfermer les femmes et les enfants des Boers qui se livraient contre eux à une guérilla.

[36] Le mot "négationnisme" a été formé par l’historien Henry Rousso en 1987, dans le but explicite de lever la perverse ambiguïté et la parfaite inadéquation de "révisionnisme" pour désigner le discours des négateurs du génocide : "Le grand public découvre [en 1978] le milieu interlope des “révisionnistes”, un qualificatif qu’ils s’attribuent impunément : le révisionnisme de l’histoire étant une démarche classique chez les scientifiques, on préférera ici le barbarisme, moins élégant mais plus approprié, de “négationnisme”, car il s’agit bien d’un système de pensée, d’une idéologie et non d’une démarche scientifique ou même simplement critique." [Henry Rousso, Le syndrome de Vichy, Seuil, Points Histoire, 1990 — 1ère éd. 1987—, p. 176.].

[37] Des… détails !

[38] Au besoin, la discréditation des personnes s'accompagne de menaces physiques à leur encontre, voire d'exactions diverses et variées (insultes, attentats, assassinats…).

[39] Cette technique est particulièrement… "diabolique" car elle inverse la charge de la preuve, ce qui n'est pas évident quand, souvent, les victimes premières ont tout simplement… "disparu" et que les survivants sont muselés ! Par ce biais, les victimes premières et leurs ayants droit sont privés de tout droit à réparation et, au-delà, de tout recours possible à la Justice pour obtenir tout simplement… justice !

[40] D'où la majuscule (de… majesté ?).

[41] Dans un autre registre et sur la base de la théorie du complot justifiant une légitime défense… préventive, la Busherie s'accorde la même dispense ("indulgence") pour toutes les exactions qu'elle commet à travers le monde pour assurer la défense de ses intérêts financiers, économiques, commerciaux,x militaires… en bafouant pour ce faire els notions les plus élémentaires du Droit, y compris de son propre droit constitutionnel.

[42] Un tel summum d'horreur a été connu en France aussitôt après la "Libération" avec les massacres et tortures auxquels les troupes françaises se sont livrées à Madagascar, en Indochine, en Tunisie, en Algérie…

[43] Légitime et compréhensible parce que… "naturel".

[44] L'exemple type étant celui des kapos mais d'autres témoignages relatent, par exemple, les vols de nourriture auxquels se livraient entre eux les prisonniers d'un même baraquement alors même qu'ils pouvaient être de la même famille.

[45] Qui va de la "torche humaine" à… la "bombe humaine".

[46] Phobie nom féminin (grec phobos, effroi) 1. Aversion très vive ; peur instinctive. 2. [Psychiatrie] Crainte déraisonnable déclenchée par un objet, une personne, une situation, et dont le sujet reconnaît généralement le caractère inadapté. Le Petit Larousse Copyright © Larousse / VUEF 2001.

Dans le langage courant, la xénophobie fait référence à la peur cliniquement reproductible de l’étranger.

[47] Albert Camus in L'homme révolté.

[48] Les liens renvoient vers la "Biblio on line" qui se trouve sur : http://fraternitelibertaire.free.fr/



[i] […] Le 2 septembre 1879, le principal journal juif d’Allemagne rapporte avoir reçu des informations anonymes de Hambourg selon lesquelles Wilhelm Marr "a trouvé des amis grâce auxquels l’hebdomadaire antisémite pourra être créé" (er habe Freunde gefunden und durch diese werde das “antisemitische Wochenblatt” zu Stande kommen) (Allgemeine Zeitung des Judenthums, 2 septembre 1879, p. 564, cité par David Engel, "The Concept of Antisemitism in the Historical Scholarship of Amos Funkenstein", Jewish Social Studies vol. 6, no 1, automne 1999, note 2. Je remercie vivement Nicolas Bernard qui a attiré mon attention sur cet article. Voir aussi Reinhard Rürup, op. cit., p. 102). Depuis juillet-août 1879, Marr annonçait la prochaine création d’une associations et d’un journal anti-juifs (Moshe Zimmermann, Wilhelm Marr, the patriarch of Anti-Semitism, op. cit., p. 89-90 et Reinhard Rürup, op. cit., p. 177, note 44). Dans le Vossischen Zeitung du 26 septembre, figure un insert annonçant une réunion dont l’objet est la création d’une "ligue antisémite", Antisemiten-Liga, qu’on devrait traduire strictement par "ligue des antisémites" (Moshe Zimmermann, op. cit., p. 168, note 95 et Reinhard Rürup, op. cit., p. 177, note 46). Marr participe effectivement à la réunion du 26 septembre 1879, au cours de laquelle est décidée la fondation d’une "ligue antisémite". Le deux meilleurs spécialistes de Marr, Reinhard Rürup et Moshe Zimmermann s’accordent pour attribuer à Marr la paternité du terme à cette occasion (Moshe Zimmermann, op. cit., p. 90-91. Reinhard Rürup, op. cit., p. 177, note 46). Le 27 septembre, le journal anti-juif Germania publie un article commentant la création de l’"Antisemiten-Liga". Mais les statuts de l’association, ne sont publiés qu’à la mi-octobre. Ils mentionnent explicitement Marr comme co-fondateur. Il s’agit là de l’apparition "officielle" du terme (Reinhard Rürup, op. cit., p. 177, note 46). Plusieurs autres associations utilisant les mots "antisemitisch" ou "Antisemit" apparaîssent dans les mois qui suivent; dès novembre 1879, Heinrich von Treitschke mentionne l’existence de "cercles antisémites" (Antisemitenvereine) destinées à combattre la possibilité "que des millénaires de bonnes lignées allemandes soient suivies d’un âge de culture mixte judéo-allemande" ("Unsere Aussichten", in Der Berliner Antisemitismusstreit, Walter Bœhlich (ed), Frankfurt am Main, 1965, p. 9-10, cité par David Engel, ibid.). Pour David Engel, l’utilisation du terme "antisémitisme" dans son acception d’hostilité aux Juifs, se cristalise à l’occasion de l’intense activité électorale de cette période: c’est le moment d’organiser le combat énoncé par Treitschke et d’en formuler les enjeux sous formes de propositions électorales. L’utilisation du terme ne se généralise cependant qu’à partir de 1881 (Reinhard Rürup, Emanzipation und Antisemitismus: Studien zur “Judenfrage” der bürgerlichen Gesellschaft, Göttingen, 1975, p. 102-3, cité par David Engel, ibid.). Sur l’environnement socio-politique et culturel de cette période, voir également Saul Friedländer, L’antisémitisme nazi. Histoire d’une psychose collective, Seuil, 1971, chapitre 2. Insistons sur le fait que Marr n’inventait évidemment pas l’antisémitisme racial; il ne faisait qu’identifier formellement un type d’hostilité qui avait commencé à apparaître au milieu du siècle. D’autre part, le terme original allemand ne comporte pas de tiret entre "anti" et "semit"; l’usage, plutôt anglo-saxon, qui consiste à insérer un tiret est à la fois impropre en ce qu’il accentue l’erreur étymologique originelle et parce qu’il n’est pas conforme à l’original allemand qui, au moins, ne commettait pas cette section sur-, et mal, signifiante. Bon nombre de tenants francophones d’un "antisémitisme" non dirigé contre les seuls Juifs écrivent "anti-sémitisme", avec un tiret. Malheureusement, presque toute l’historiographie anglo-saxonne (y compris George Mosse et Jacob Katz — même Moshe Zimmermann qui écrit pourtant sur Marr — mais pas Gavin Langmuir) commet le même abus. Sur ce sujet, voir Shmuel Almog, "What’s in a Hyphen?", SICSA Report: Newsletter of the Vidal Sassoon International Center for the Study of Antisemitism, été 1989.

[…] Il faut noter cependant que ceux qui se désignaient eux-mêmes commes "antisémites" au début des années 1880 étaient loin de représenter le même type d’hostilité aux Juifs. Tous ne se réclamaient pas d’un racialisme aussi radical que celui de Marr et nombreux puisaient encore dans des argumentaires à base religieuse. Voir David Engel, "The Concept of Antisemitism in the Historical Scholarship of Amos Funkenstein", op. cit., note 40. Voir aussi Reinhard Rürup, op. cit.. Marr lui-même semble avoir ré-introduit une composante religieuse dans son "antisémitisme", par pur opportunisme d’après Moshe Zimmermann, afin de profiter de la "nouvelle vague de haine contre les Juifs, financée et supportée par les éléments religieux et conservateurs". Marr fut en effet financé, un temps, par des mouvements chrétiens (Moshe Zimmermann, Wilhelm Marr, the patriarch of Anti-Semitism, op. cit., p. 83). Zimmermann montre bien comment, au moment même de son introduction, le terme d’"antisémitisme" se voit attribuer par le cofondateur de la ligue antisémite avec Marr, de Grousillier, un sens contraire à celui voulu par Marr (ibid., p. 91-92). Il semble même que la popularité très rapide du terme, outre à sa connotation "scientifique", soit due à son caractère immédiatement ambigü (sur les modalités de l’hostilité antisémite, non sur sa cible) et au fait qu’à l’époque, il permettait de camoufler une hostilité "anti-juive" condamnée par libéralisme allemand, encore solide : tout à fait de la même façon dont le terme "antisionisme" fut employé en URSS — et l’est parfois aujourd’hui et ailleurs — pour camoufler de l’antisémitisme (ibid., p. 94). De fait, dès les années 1880, le nombre d’associations et journaux utilisant le terme "antisémite" ne présentent pas l’uniformité idéologique dont on a voulu investir ce terme en se basant sur les conditions de son émergence: le terme "antisémitisme" échappe rapidement à la stricte dimension racialiste à laquelle Marr l’associait et prend un sens plus général. Helmut Berding peut écrire: "Si cette notion [d’antisémitisme] totalement inutilisable d’un point de vue analytique connut un tel succès, c’était grâce à l’imprécision de son contenu. Elle devint ainsi un concept fourre-tout, dans lequel on pouvait rassembler tous les courants, même si leurs mobiles et leurs objectifs étaient différents. Ce nouveau concept se transforma en slogan et donna un contenu émotionnel et politique aux positions antijuives qui existaient déjà à l’état latent. Avec son caractère pseudo-scientifique, le terme d’“antisémitisme” donnait l’impression que l’on pouvait justifier rationnellement les accusations portées contre les juifs." (Helmut Berding, Histoire de l’antisémitisme en Allemagne, Editions de la Maison des sciences de l’homme Paris, 1991, p. 77-78). Les protestations contemporaines, visant à re-confiner le terme à une hostilité judéophobe raciste ne tiennent pas compte de son histoire même. Il s’agit d’ailleurs d’une caricature de la distinction par Hannah Arendt d’une hostilité religieuse/laïque (voir sa préface, dans Sur l’antisémitisme, Seuil, 1984 — 1ère édition 1973). Encore cette distinction doit-elle être revue à la lumière des travaux de Gavin I. Langmuir (Toward a definition of antisemitism, University of California Press, 1990 et History, religion and antisemitism, University of California Press, 1990). L’utilisation générique du terme "antisémitisme" pour désigner toute forme d’hostilité aux Juifs n’est plus en tous cas, à l’examen même de la genèse du terme et de ses premières utilisations, un abus aussi grave qu’on a pu le dire...

[…] Une judéophobie biologisante, proto-raciste, était cependant déjà apparue en Espagne, avec les décrets sur la Limpieza de Sangre. Voir Yosef Hayim Yerushalmi, "L’antisémitisme racial est-il apparu au XXe siècle? De la limpieza de sangre espagnole au nazisme: continuités et ruptures", Esprit, no 190, mars-avril 1993. D’autre part il convient de souligner que la judéophobie de Marr a évolué entre 1860 et la fin des années 1870. Il s’agissait au départ d’une hostilité à la communauté juive constituée religieusement (l’ouvrage qu’il publie en 1862, Judenspiegel, est dirigé contre la communauté juive orthodoxe et le judaïsme) qui lui fait conclure par un appel à l’assimilation des Juifs. Il n’en était pas encore à dénoncer des caractéristiques raciales, immuables, rendant les Juifs inassimilables... (Jacob Katz, From Prejudice to Detruction. Anti-Semitism, 1700-1933, Harvard University Press, 1994 — 1ère éd. 1980 —, p. 207-208). Il n’y a évidemment pas rupture brutale dans les attitudes judéophobes de ceux qui se nomment eux-mêmes "antisémites", quant aux causes de l’infériorité morale (entre autres) des Juifs. Les mêmes voient leur attitude évoluer ou mêlent plusieurs types d’explications, notamment religieuses et raciales (voir Jacob Katz, ibid., p. 268-271). En fait, le motif principal de l’évolution allemande d’une judéophobie religieuse assimilationniste à une judéophobie d’alibi racial semble être l’émancipation officielle des Juifs en Allemagne, qui se produit au milieu du siècle. C’est le rejet de l’émancipation des Juifs qui fonderait "l’antisémitisme" (David Engel, "The Concept of Antisemitism in the Historical Scholarship of Amos Funkenstein", op. cit., p. 118-119). 

Source : http://www.phdn.org/antisem/antisemitismelemot.html

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[ii] Les Protocoles des Sages de Sion

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre

Les Protocoles des Sages de Sion est un document antisémite écrit à la fin du XIXe siècle à Paris par un faussaire russe, Mathieu Golovinski. L'auteur a voulu faire croire qu'il s'agissait d'un ouvrage composé par un conseil de sages juifs dont le but était de dominer le monde et d'anéantir la chrétienté. Ce plan machiavélique prévoirait d'utiliser la violence, la ruse, les guerres, les révolutions, la modernisation industrielle et le capitalisme pour mettre à bas l'ordre existant, sur les ruines duquel s'installerait le pouvoir juif. La publication à grande échelle de ce texte permettrait de dévoiler cet affreux complot.

Introduction

Les Protocoles des Sages de Sion, parfois surtitrés Programme juif de conquête du monde, est connu sous deux versions proches, éditées en Russie, d'abord partiellement, en 1903, dans le journal Znamia, puis, dans une version complète, en 1905 et en 1906. Ils deviennent célèbres pour le grand public grâce au Times de Londres du 8 mai 1920, dont un éditorial intitulé Le Péril juif, un pamphlet dérangeant. Demande d'enquête évoque ce singulier petit livre, auquel il semble accorder du crédit. Le Times se rattrape un an plus tard, en août 1921, en titrant La fin des Protocoles et en publiant la preuve de la falsification.

Un faux

Une vérification rapide a prouvé la falsification: les Protocoles reprenaient effectivement le texte du Dialogue aux Enfers entre Machiavel et Montesquieu, publié à Bruxelles en 1864 par Maurice Joly, un avocat antibonapartiste qui voulait montrer que l'empereur et ses proches complotaient pour s'emparer de tous les pouvoirs de la société française. La supercherie, grossière, éclatait par simple comparaison ligne à ligne des deux textes. Le faux était dévoilé, mais le mystère de son origine demeurait.

La vérité sur son auteur n'a était découverte qu'à la fin du XXe siècle par l'historien de la litérature russe Mikhail Lépekhine. C'est dans les archives du Français Henri Bint, agent des services russes à Paris pendant trente-sept ans, que Mikhail Lépekhine a découvert que Mathieu Golovinski était le mystérieux auteur du faux.

Histoire

Né le 6 mars 1865 à Ivachevka, dans la région de Simbirsk, Mathieu Golovinski est issu d'une famille aristocratique russe. Étudiant en droit désinvolte, mais habile et sans grands scrupules, il semble très tôt doué pour l'intrigue. Le jeune arriviste parvient à entrer en contact avec le comte Vorontsov-Dahkov, proche du tsar et ministre à la cour : convaincu de la menace d'une conspiration juive.

Nommé fonctionnaire à Saint-Pétersbourg, Mathieu Golovinski travaille dans les années 1890 pour le Département de la presse, officine chargée d'influencer les journaux en remettant à leurs directeurs des articles prêts à publier, voire en les obligeant à salarier certains de ses agents, qui, mi-mouchards, mi-journalistes, censurent de l'intérieur la presse et surveillent sa ligne éditoriale. Le chef de ce Département de la presse, Michel Soloviev, antisémite fanatique, fait de Golovinski son protégé.

Exilé par la suite à Paris, ville qu'il fréquente depuis longtemps, il trouve le même type de d'eùmploi auprès de Pierre Ratchkovski, qui dirige les services de la police politique russe en France. La propagande à destination des élites politiques françaises est l'une des activités principales de Ratchkovski. Nicolas II, se montre préoccupé par les critiques occidentales relatives à la politique russe de discrimination à l'égard des juifs. Ratchkovski a donc l'idée d'une manœuvre destinée à convaincre le tsar du bien-fondé des préventions antisémites. Il s'agit donc de produire une preuve décisive de ce que la modernisation industrielle et financière de la Russie est l'expression d'un plan juif de domination du monde.

D'où la commande de Ratchkovski à Golovinski d'un faux - un parmi tant d'autres, pour ce polygraphe doué - destiné à l'origine à un seul lecteur: le tsar.

Voir : Blanrue Paul-Eric : La foire aux reliques Suivi de Une imposture de 2000 ans ? Jésus : info ou intox ? Suivi de Le droit de cuissage, un malentendu qui a la vie dure Suivi de Les Protocoles et le "complot juif" (Doc. 215 Ko)

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L’origine des Protocoles des sages de Sion

Les secrets d’une manipulation antisémite

Éric Conan

C’est la plus célèbre — et la plus tragique — des falsifications du XXe siècle, à la base du mythe antisémite du "complot juif mondial". Le texte des Protocoles des Sages de Sion vient de livrer son dernier mystère: un historien russe, Mikhail Lépekhine, a établi l’identité de son auteur, grâce aux archives soviétiques. Elle permet de comprendre pourquoi il a fallu attendre si longtemps pour connaître cet épilogue: le faussaire, Mathieu Golovinski, qui a effectué sa besogne à Paris, au début du siècle, pour le représentant en France de la police politique du tsar, était devenu, après la révolution russe de 1917, un notable bolchevique... La découverte de ce sinistre pied de nez historique permet de combler les dernières lacunes dans l’histoire d’une imposture qui, après avoir fait beaucoup de ravages en Europe, connaît un destin encore florissant dans beaucoup de régions du monde.

Historien de la littérature russe, Mikhail Lépekhine est l’un des meilleurs connaisseurs des "publicistes" de la fin du XIXe siècle, ces personnages à la fois écrivains, journalistes et essayistes politiques qui interviennent sous forme de libelles, d’articles et de livres dans les convulsions de la vie publique russe de l’époque. Sa spécialité: les années charnières du règne d’Alexandre III (1881-1894) et du début du règne de Nicolas II (1894-1902), période agitée qui précède les turbulences révolutionnaires. Ancien conservateur des archives de l’Institut de littérature russe et chercheur en histoire des imprimés de la bibliothèque de l’Académie des sciences de Russie à Saint-Pétersbourg, Mikhail Lépekhine étudie la vie et l’œuvre de tous ces individus, y compris ceux de deuxième et troisième ordre, pour la plupart réunis dans le monumental Dictionnaire biographique russe en 33 volumes, dont il dirige l’édition.

C’est en travaillant sur l’un de ces publicistes, Mathieu Golovinski, fils d’aristocrate, avocat radié pour détournement de fonds, journaliste à scandale et intriguant dans les milieux politiques russes de Saint-Pétersbourg et de Paris, qu’il a plongé dans l’histoire des Protocoles, qui, jusqu’alors, ne constituaient pas pour lui un sujet de préoccupation. Dépouillant tous les fonds documentaires concernant Golovinski, il a trouvé dans des archives françaises conservées à Moscou depuis quatre-vingts ans la trace de son rôle dans la fabrication du célèbre faux. Mikhail Lépekhine mesure vite l’importance de sa découverte en faisant le bilan des connaissances actuelles sur l’histoire des Protocoles, dont un chercheur français, Pïerre-André Taguieff, a récemment publié la synthèse la plus complète* Il vient de trouver le chaînon manquant — l’identité du faussaire — au croisement de deux longues histoires: celle d’un petit arriviste dont ce "travail" ne fut qu’un bref moment de sa vie agitée et trouble et celle d’un faux infâme pour lequel Mathieu Golovinski ne fut qu’un exécutant technique.

Les "Protocoles des Sages de Sion", parfois surtitrés "Programme juif de conquête du monde", sont un texte connu sous deux versions proches, éditées en Russie, d’abord partiellement, en 1903, dans le journal Znamia, puis, dans une version complète, en 1905 et en 1906. Ils se présentent comme le compte rendu détaillé d’une vingtaine de réunions judéo-maçonniques secrètes au cours desquelles un "Sage de Sion" s’adresse aux chefs du peuple juif pour leur exposer un plan de domination de l’humanité. Leur objectif: devenir "maîtres du monde" après la destruction des monarchies et de la civilisation chrétienne. Ce plan machiavélique prévoit d’utiliser la violence, la ruse, les guerres, les révolutions, la modernisation industrielle et le capitalisme pour mettre à bas l’ordre existant, sur les ruines duquel s’installera le pouvoir juif.

Ce "document secret" est rapidement mis en doute par le comte Alexandre du Chayla, un aristocrate français converti à l’orthodoxie et qui luttera plus tard au sein de l’armée blanche contre les bolcheviques: il avait rencontré en 1909 le premier éditeur des Protocoles, Serge Nilus, pape du mysticisme russe, qui lui avait montré l’"original". Pas du tout convaincu, le comte racontera par la suite avoir eu l’impression de rencontrer un illuminé pour qui la question de l’authenticité du texte importait peu. "Admettons que les Protocoles soient faux, lui a déclaré Nilus. Mais est-ce que Dieu ne peut pas s’en servir pour découvrir l’iniquité de ce qui se prépare? Est-ce que Dieu, en considération de notre foi, ne peut pas transformer des os de chien en reliques miraculeuses? Il peut donc mettre dans une bouche de mensonge l’annonciation de la vérité!"

Les Protocoles sont en fait "lancés" dans le grand public par le Times de Londres du 8 mai 1920, dont un éditorial intitulé "Le Péril juif, un pamphlet dérangeant. Demande d’enquête" évoque ce "singulier petit livre", auquel il semble accorder du crédit. Le Times se rattrape un an plus tard, en août 1921, en titrant "La fin des Protocoles" et en publiant la preuve du faux. Le correspondant à Istanbul du quotidien britannique avait été contacté par un Russe blanc réfugié en Turquie qui, visiblement bien informé, lui avait révélé que le texte des Protocoles était le décalque d’un pamphlet français contre Napoléon III. Une vérification rapide avait prouvé la falsification: les Protocoles reprenaient effectivement le texte du Dialogue aux Enfers entre Machiavel et Montesquieu, publié à Bruxelles en 1864 par Maurice Joly, un avocat antibonapartiste qui voulait montrer que l’empereur et ses proches complotaient pour s’emparer de tous les pouvoirs de la société française. Utilisant ce texte oublié qui avait valu deux ans de prison à Maurice Joly, le faussaire des Protocoles avait remplacé " la France " par "le monde" et "Napoléon III" par "les juifs". La supercherie, grossière, éclatait par simple comparaison ligne à ligne des deux textes. Le faux était dévoilé, mais le mystère de son origine demeurait. On savait simplement que le texte original était rédigé en français et l’on supposait qu’il avait pu être fabriqué au tout début du siècle, à Paris, dans les milieux de la police politique russe.

C’est dans les archives du Français Henri Bint, agent des services russes à Paris pendant trente-sept ans, que Mikhail Lépekhine a vérifié que Mathieu Golovinski était le mystérieux auteur du faux. Recevant en 1917 à Paris Serge Svatikov, l’envoyé du nouveau gouvernement russe de Kerenski chargé de démanteler les services secrets tsaristes et de "débriefer" — et parfois retourner — ses agents, Henri Bint lui explique que Mathieu Golovinski était l’auteur des Protocoles et que lui-même a notamment été chargé de la rémunération du faussaire. Le dernier ambassadeur du tsar, Basile Maklakov, étant parti avec les archives de l’ambassade, qu’il donnera en 1925 à la fondation américaine Hoover, Serge Svatikov achète à Henri Bint ses archives personnelles. Rompant ensuite avec les nouveaux dirigeants bolcheviques, Svatikov dépose les archives Bint à Prague, dans le fonds privé des "Archives russes à l’étrange"». En 1946, les Soviétiques mettent la main sur ce fonds qui rejoint à Moscou les archives d’Etat de la Fédération de Russie.

Une petite ruse de l’Histoire

Le secret de Golovinski est donc préservé jusqu’à l’effondrement du communisme et l’ouverture générale des archives, en 1992. Le faussaire antisémite étant en effet devenu "compagnon de route" des bolcheviques dès 1917, les Soviétiques n’ont eu aucune envie de révéler cette petite ruse de l’Histoire, qui semble encore gênante aujourd’hui, puisque la découverte de Mikhail Lépekhine, révélée en août dernier par Victor Loupan dans Le Figaro Magazine, n’a suscité aucun intérêt dans la grande presse française.

Grâce à sa connaissance détaillée de l’itinéraire de l’auteur des Protocoles, Mikhail Lépekhine peut aujourd’hui, au terme de cinq années de recherches, retracer complètement les circonstances et les objectifs de la fabrication de ce faux. Né le 6 mars 1865 à Ivachevka, dans la région de Simbirsk, Mathieu Golovinski est issu d’une famille aristocratique descendant d’un croisé, le comte Henri de Mons. Famille bien née, mais turbulente: "Le grand-oncle de Mathieu Golovinski fut condamné à vingt ans d’exil en Sibérie pour sa participation au complot antimonarchiste des décembristes et Basile, son père, proche de Dostoïevski, fut condamné à mort et gracié en même temps que l’écrivain, après un simulacre d’exécution" raconte Mikhail Lépekhine. Libéré après s’être engagé plusieurs années comme soldat dans la guerre du Caucase, Basile meurt dépressif en 1875, laissant le petit Mathieu Golovinski entre les mains de sa mère et d’une gouvernante française qui en fait un excellent francophone. Etudiant en droit désinvolte, mais habile et sans grands scrupules, Mathieu Golovinski semble très tôt doué pour l’intrigue. Le jeune arriviste parvient à entrer en contact avec le comte Vorontsov-Dahkov, proche du tsar et ministre à la cour: convaincu de la menace d’une conspiration, le comte a fondé, après l’assassinat d’Alexandre II, la Sainte-Fraternité , organisation secrète répondant à la terreur par la terreur et la manipulation. La Sainte-Fraternité fut en effet l’une des premières "forgeries" de faux documents, fabricant notamment de faux journaux révolutionnaires.

Nommé fonctionnaire à Saint-Pétersbourg, Mathieu Golovinski travaille dans les années 1890 pour Constantin Pobiedonostsev, procureur général du Saint-Synode et l’un des inspirateurs d’Alexandre III. Chrétien militant, le dignitaire orthodoxe a mis sur pied un programme d’évangélisation d’un peuple païen de la Volga , les Tchauvaches, en compagnie de l’oncle de Mathieu Golovinski et d’Ilya Oulianov, père du futur Lénine. "Constantin Pobiedonostsev est obsédé par l’invasion de l’appareil d’Etat par les juifs, qu’il juge “plus intelligents et plus doués” que les Russes", explique Mikhail Lépekhine. C’est par son intermédiaire que Mathieu Golovinski travaille pour le Département de la presse, officine chargée d’influencer les journaux en remettant à leurs directeurs des articles prêts à publier, voire en les obligeant à salarier certains de ses agents, qui, mi-mouchards, mi-journalistes, censurent de l’intérieur la presse et surveillent sa "ligne". Le chef de ce Département de la presse, Michel Soloviev, antisémite fanatique, fait de Golovinski son "deuxième rédacteur". "Golovinski a la plume très facile. Il est doué et assume pendant cinq ans cette fonction trouble avec aisance, en dilettante doué et en jouisseur", précise Mikhail Lépekhine, qui a lu nombre de ses textes de l’époque.

Cette agréable sinécure échappe brutalement à Mathieu Golovinski: Soloviev meurt et Pobiedonostsev n’a plus la même emprise sur le nouveau tsar, Nicolas II, qui paraît désireux d’instaurer un style différent. Les hommes de l’ombre changent et Golovinski se fait traiter publiquement de "mouchard" par Maxime Gorki. Il s’exile à Paris, ville qu’il fréquente depuis longtemps, et trouve le même type de "travail" auprès d’un ancien de la Sainte-Fraternité , Pierre Ratchkovski, qui dirige les services de la police politique russe en France. "Golovinski est notamment chargé d’influencer les journalistes français dans leur traitement de la politique du tsar. Il lui arrive ainsi d’écrire des articles qui passent dans de grands quotidiens parisiens sous la signature de journalistes français!" précise Mikhail Lépekhine. Toujours aussi actif, il complète ces activités en publiant en 1906, aux éditions Garnier, un dictionnaire anglais-russe plagié d’une édition russe, entreprend des études de médecine durant trois ans et connaît une vie aisée à Paris, grâce à une pension que continue à lui verser sa mère, tout en dissimulant cette hyperactivité sous les apparences tranquilles d’un banlieusard résidant à Bourg-la-Reine jusqu’en 1910.

Un intrigant au service des puissants

La propagande contre-révolutionnaire à destination des élites politiques françaises est l’une des activités principales de Ratchkovski, qui a créé à Paris une Ligue franco-russe: les relations entre les deux pays constituent alors un enjeu primordial et l’ancien de la Sainte-Fraternité conserve les obsessions du clan orthodoxe ultra-réactionnaire, qui veut convaincre le tsar qu’un complot judéo-maçonnique se cache derrière le courant libéral et réformateur. Or Nicolas II, moins perméable à cette thématique que ses prédécesseurs, se montre préoccupé par les critiques occidentales relatives à la politique russe de discrimination à l’égard des juifs. Ratchkovski a donc l’idée d’une manœuvre destinée à convaincre le tsar du bien-fondé des préventions antisémites. Sous l’influence d’Ivan Goremykine, ancien ministre de l’Intérieur en disgrâce, il veut notamment que le tsar se débarrasse du comte Sergueï Witte, chef de file des modernisateurs au sein du gouvernement. Il s’agit donc de produire une "preuve" décisive de ce que la modernisation industrielle et financière de la Russie est l’expression d’un plan juif de domination du monde.

D’où la commande de Ratchkovski à Golovinski d’un faux — un parmi tant d’autres, pour ce polygraphe doué — destiné à l’origine à un seul lecteur: le tsar. En effet, Ratchkovski semble avoir imaginé une habile manœuvre: sachant que le mystique Serge Nilus a des chances de devenir le nouveau confesseur du tsar, il pense faire remettre à Nicolas II son faux manuscrit antisémite par cet intermédiaire de confiance. Selon Mikhail Lépekhine, c’est donc à Paris, à la fin de 1900 ou en 1901, que Golovinski rédige les Protocoles en se servant du pamphlet de Maurice Joly contre Napoléon III. Mais le stratagème tombe à l’eau: Serge Nilus n’est pas nommé confesseur. Il conserve cependant le texte, qu’il publiera en 1905 en annexe de l’un de ses ouvrages, Le Grand dans le Petit. L’Antéchrist est une possibilité politique imminente, qui est remis au tsar et à la tsarine. Ce livre explique que, depuis la Révolution française, un processus apocalyptique s’est enclenché, qui risque de déboucher sur la venue de l’Antéchrist.

"La rédaction des Protocoles ne constitue qu’un moment dans l’existence de Golovinski, précise Mikhail Lépekhine. Je ne pense pas qu’il se soit rendu compte de la portée de son travail. Ainsi, lors de leur élaboration, il en parle et en lit des passages à une amie de sa mère, la princesse Catherine Radziwill. Réfugiée aux États-unis, celle-ci est la seule, dans les années 20, à désigner, dans une revue juive, Golovinski comme l’auteur des Protocoles. Mais elle n’a pas de preuve et son témoignage, comportant beaucoup d’erreurs, n’est pas retenu." Il en est de même lors d’un procès tenu à Berne, en 1934, à la demande de la Fédération des communautés juives de Suisse, qui voulaient établir la fausseté des Protocoles, alors diffusés par les nazis suisses: "Le nom de Golovinski est mentionné tant par Serge Svatikov que par le journaliste d’investigation Vladimir Bourtsev, tous deux témoins cités par les plaignants", ajoute Pierre-André Taguieff.

Mathieu Golovinski poursuit sa vie d’intrigant au service des puissants du jour qui veulent bien employer ses talents. De retour en Russie, il travaille ainsi pour Ivan Tcheglovitov, ministre de la Justice , puis pour Alexandre Protopopov, qui devient ministre de l’Intérieur en 1916. Il publie aussi, en 1914, un ouvrage de propagande, Le Livre noir des atrocités allemandes, signé "Dr Golovinski". Car il se fait désormais passer pour médecin, sans avoir pourtant obtenu aucun diplôme après ses études parisiennes.

La "preuve" du "complot juif"

La chute du tsarisme ne saurait ébranler un si bon nageur en eau trouble. Il se retrouve dès 1917... député d’un soviet de Petrograd (Saint-Pétersbourg) : le Dr Golovinski est célébré par les révolutionnaires comme le premier des rares médecins russes à avoir approuvé le coup d’Etat bolchevique! La carrière de ce "médecin rouge" est, dès lors, fulgurante: membre du Commissariat du peuple à la santé et du Collège militaro-sanitaire, c’est un personnage influent du nouveau régime dans sa politique de santé. Il participe au lancement des pionniers (les membres d’une organisation d’embrigadement de la jeunesse), conseille Trotski pour la mise en place de l’enseignement militaire et fonde en 1918 l’Institut de culture physique, future pépinière de champions soviétiques, dont il prend la direction. Devenu notable, il ne profite pas longtemps de son nouveau pouvoir et meurt en 1920, au moment précis où ses Protocoles commencent à connaître un grand succès grâce à leurs traductions anglaise, française et allemande.

La Première Guerre mondiale, la révolution russe et le chaos en Allemagne semblent confirmer les prophéties du faux antisémite: l’histoire dramatique dans laquelle sont plongées l’Europe et la Russie ont un effet d’authentification de ce texte, dont un exemplaire est d’ailleurs trouvé dans la chambre de la tsarine après le massacre de la famille de Nicolas II — indice, pour certains Russes blancs antisémites, qu’il s’agit bien d’un crime "judéo-bolchevique"... La démonstration de la falsification apportée par le Times n’entame pas le crédit des Protocoles, qui ne cessent d’être présentés en Europe comme la "preuve" du "complot juif international", tout au long des années 30. Le faux fait l’objet de nombreuses éditions, qui ne se limitent plus aux organes antisémites. Ainsi, en France, c’est une maison d’édition reconnue, Grasset, qui les édite, dès 1921, avec de nombreuses réimpressions jusqu’en 1938. Aux États-unis, c’est le constructeur automobile Henry Ford, qui, croyant à leur authenticité, les diffuse à travers sa presse.

La propagande nazie exploite et diffuse les Protocoles. En 1923, Alfred Rosenberg leur consacre une étude et, dans Mein Kampf (1925), Adolf Hitler écrit que "les Protocoles des Sages de Sion — que les juifs renient officiellement avec une telle violence — ont montré de façon incomparable combien toute l’existence de ce peuple repose sur un mensonge permanent", ajoutant que s’y trouve exposé clairement "ce que beaucoup de juifs peuvent exécuter inconsciemment". Dès leur arrivée au pouvoir, en 1933, les responsables nazis confient à leur office de propagande la tâche de diffuser les Protocoles et de défendre la thèse de leur authenticité.

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Protocoles, désormais interdits dans la plupart des pays européens, entament une seconde carrière, consécutive à la création de l’État d’Israël. Une première édition en arabe paraît au Caire en 1951** Suivie de nombreuses autres, dans toutes les langues, y compris en français, dans la plupart des pays musulmans. Les Protocoles servent alors à dénoncer un "complot sioniste". "Selon cette réutilisation, si les fiers et valeureux Arabes ont pu être vaincus par les juifs lâches et fourbes, c’est en raison d’un complot international de forces occultes organisées par les sionistes", explique Pierre-André Taguieff. "Les Protocoles constituent un modèle réduit de la vision antijuive du monde la plus propre à la modernité, vision centrée sur le thème de la domination planétaire. La référence publique aux Protocoles est, par exemple, aujourd’hui présente dans les textes et les discours du FIS algérien et du Hamas palestinien", ajoute le chercheur, qui a établi la plus importante bibliographie des éditions récentes de ce faux insubmersible.

L’ennemi absolu, diabolique et mortel

Bibliographie qui ne cesse de s’enrichir et ne se limite pas aux pays arabes. Le texte reparaît publiquement dans beaucoup d’États ex-communistes — il est en vente libre à Moscou — et fait l’objet d’éditions récentes en Inde, au Japon ou en Amérique latine, avec une large diffusion. Loin d’être reclus dans d’obscures officines, comme c’est désormais le cas en Europe, il est, par exemple, en vente dans certains kiosques de Buenos Aires. Dans ces pays, la survie de ce texte n’a pas été affectée par la fin de la Seconde Guerre mondiale, tout comme la démonstration du plagiat qui le constitue n’avait pas empêché son utilisation contre le "judéo-bolchevisme". C’est la force de ce "Nostradamus antisémite" que de transcender toute réfutation rationnelle. Pierre-André Taguieff y voit l’expression la plus efficace du "mythe politique moderne" du "juif dominateur": "Par sa structure — la révélation du secret des juifs par un texte confidentiel qui leur est prétendument attribué — le texte des Protocoles satisfait au besoin d’explication, en donnant un sens au mouvement indéchiffrable de l’Histoire, dont il simplifie la marche en désignant un ennemi unique. Il permet de légitimer, en les présentant comme de l’autodéfense préventive, toutes les actions contre un ennemi absolu, diabolique et mortel qui se dissimule sous des figures multiples: la démocratie, le libéralisme, le communisme, le capitalisme, la république, etc. Le succès et la longévité des Protocoles, fabriqués à l’origine pour des enjeux limités à la cour de Russie, tiennent paradoxalement au manque de précision du texte, qui peut facilement s’adapter à tous les contextes de crise, où le sens des événements est flottant, indéterminable. D’où ses permanentes réutilisations."

NOTES

* - Les Protocoles des Sages de Sion, par Pierre-André Taguieff. Tome I : Un faux et ses usages dans le siècle (408 p.); tome II : Études et documents (816 p.). Berg International, 1992.

** -[Note de PHDN] Les premières éditions en arabe des Protocoles datent du début des années vingt, en non de 1951, et leur diffusion "joue un rôle décisif dans l’imprégnation antijuive des élites politiques et culturelles des pays arabes"; Pierre-André Taguieff, Les Protocoles des Sages de Sion, op. cit., tome I, p. 295. En fait, 1951 est la date de la première traduction due à des arabes musulmans (les précédentes traductions en arabes étaient dues à des arabes chrétiens). Voir Bernard Lewis, Sémites et antisémites, Presses Pocket, 1991, p. 258.

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[iii] Histoire du sionisme

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XIX siècle

1806 : La ville de Jérusalem compte environ 12 000 habitants dont 3 000 Juifs

1811 : Avec Napoléon, Chateaubriand écrit "Le Voyage de Paris à Jérusalem" qui fut à l'époque une des meilleures ventes de la littérature.

1840 : Affaire de Damas, à un moment (1840-1841) où la Syrie était occupée par les troupes de l’Égyptien Ibrahim Pacha.

1841 : La création du poste de grand Rabbinat de Jérusalem est l'une des conséquences directes de l'affaire de Damas,

1860 : Fondation de l’Alliance israélite universelle ou (AIU), par la volonté d'Isaac Adolphe Crémieux, un Juif d’une très ancienne famille provençale qui joua un grand rôle en tant que révolutionnaire en 1848 et de ministre sous la Troisième République française. L'AIU devint un vecteur des valeurs culturelles et spirituelles de la France républicaine et un agent d’influence et de renseignements du Quai d’Orsay (ministère des Affaires étrangères).

La ville de Jérusalem compte environ 15 000 personnes, dont la moitié de Juifs, le quart de musulmans, le quart de chrétiens.

1862 : Moses Hess publie "Rome et Jérusalem".

1866 : Le Suisse Henri Dunant (1828-1910), fondateur de la Convention de Genève et de la Croix Rouge , constitue La Société Nationale Universelle pour le Renouvellement de l'Orient, et lance un appel suggérant que les colonies juives naissantes en Palestine soient déclarées diplomatiquement neutres, tout comme la Suisse.

1869 : L'Alliance israélite universelle crée l'école agricole de Mikveh Israîl prés de Jaffa à l'instigation de Charles Netter, un de ses fondateurs. De cette école vont sortir des générations d’agriculteurs juifs qui sauront faire "fleurir le désert".

1871 Création de l’Anglo-Jewish Association (AJA) qui sera l'alliée critique de l’Alliance israélite universelle.

1873 : Les territoires allant de Ramallah-Jaffa, au nord, jusqu’à l’Égypte, au sud, relève désormais directement des autorités de Constantinople. Jusque là, la Judée et la Samarie relevaient de l’administration de Damas, alors que la Galilée relevait de Beyrouth.

Création à Vienne d'une branche dissidente de l'Alliance israélite universelle avec l’Israelitische Allianz.

1879 : Le député britannique Laurence Oliphant après un voyage en Transjordanie, chercha à persuader le Sultan d'accorder des terres aux Juifs sous une charte de colonisation. En 1880, il publia "Le pays de Gilead", dans lequel il préconise l'installation de Juifs à l'Est du Jourdain, sous la suzeraineté ottomane et la protection britannique

1881 : Eliezer Ben Yehuda s'installe à Jérusalem et renouvelle l'usage de l'hébreu. L'assassinat du tsar Alexandre Ier est suivi de la première vague de pogroms à l'encontre des Juifs dans l'Empire russe. C'est le début de la première vague d'immigration juive (aliya ou alyah), des Juifs venus de Russie, de Roumanie, et du Yémen viennent s'installer en Palestine.

1882 : Léon Pinsker publie "L'auto-émancipation des Juifs" dans lequel il défend l'idée de la création d'un État juif.

Fondation de l'organisation Bilou (Beith Israël Lekhou Vena'ale), premier mouvement haloutsique (pionnier) en Ukraine.

Ouverture de l’école juive de garçons de Jérusalem.

1883 : Début des activités d'implantation de colonies juives (Eretz Israël) par le baron Edmond de Rothschild en Palestine. Il voulait, en s’inspirant des méthodes de culture expérimentées par ses jardiniers en Algérie et importer dans ses colonies la culture du vin du Bordelais (où son père avait un cru) et des parfums de Grasse (où sa tante avait une villa qu'elle lui légua).

1884 : Création à Kattowicz en Pologne du mouvement des Amants de Sion, créé lors de la conférence des Hoveveï Sion, à Jassy, en Roumanie.

1886 : Le terme sionisme est employé pour la première fois par Nathan Birnbaum, et va rentrer rapidement dans le langage courant.

Le journaliste fouriériste et antisémite, Édouard Drumont (1844-1917) édita un livre intitulé " La France Juive " qui fut propagé par les Jésuites de Beyrouth et de Damas.

1890 : Le comité d'Odessa reçoit une reconnaissance légale.

Début de la deuxième vague d'immigration juive (aliya ou alyah), de Juifs en provenance de Russie.

1891 : Création de la Jewish Colonization Association (ICA ou JCA) par le baron de Hirsch.

Fondation du mouvement sioniste

Le fondateur du mouvement sioniste fut Theodor Herzl (1860-1904), par son ouvrage "L'État juif, recherche d'une réponse moderne à la question juive", (Der Judenstaat), publié le 15 février 1896. C 'était un jeune journaliste hongrois d'origine juive qui avait suivi à Paris le déroulement de l'Affaire Dreyfus, et avait assisté à la cérémonie de dégradation dans la cour des Invalides en 1894. Révolté par l'antisémitisme ambiant, il en avait tiré la conclusion qu'il est illusoire pour les juifs de chercher leur salut dans l'assimilation et qu'ils doivent posséder leur propre État. Cet État doit être en mesure d'offrir un refuge à tous les juifs qui viendraient à être persécutés.

Les habitudes d'organisation du peuple en juif en exil en communauté politique homogène, le climat d'antisémitisme qui les entourait, ne pouvait aboutir qu'à un heurt idéologique et religieux avec le peuple arabe vivant sur le même espace. Pour préparer leur implantation, il leur fallait donc conquérir la terre, et pour cela le mouvement sioniste s'est organisé sur plusieurs niveaux : la diplomatie, la mobilisation des ressources financières, l'achat de terres, les lois, le bras armé, le déplacement de population et la préparation de l'occupation.

Le mouvement réussit à mettre en place les structures de son projet avec :

1897 : 1er Congrès sioniste à Bâle sous la direction de Theodor Herzl, avec la promulgation de la Déclaration de Bâle selon laquelle le sionisme a pour but la création d'un foyer national juif, et la création des organes de l'Organisation sioniste mondiale, chargée de la mobilisation politique. Theodor Herzl en est nommé son premier président.

Lors de ce congrès le pasteur luthérien allemand Johann Lepsius, défenseur de la cause arménienne, persécuté par les autorités allemandes qui soutenaient le gouvernement ottoman, tenta de lier la cause des deux peuples dispersés, dans son rapport intitulé : "Arméniens et Juifs en exil, ou l'avenir de l'Orient compte tenu de la question arménienne et du mouvement sioniste".

1898 : 2e Congrès sioniste de nouveau à Bâle.

1899 : 3e Congrès sioniste toujours à Bâle, et création de la Banque coloniale juive, chargé de générer le financement des activités pour l'achat de terres en Palestine. Le baron Edmond de Rothschild décide du transfert de ses colonies en Palestine à la ICA.

1900 : 4e Congrès sioniste à Bâle.

La ville de Jérusalem compte environ 60 000 personnes. Les Juifs représentent les deux tiers de la population soit 40 000 Juifs dont 25 000 sépharades.

1901 : 5e Congrès sioniste à Bâle, et création du Fonds national juif, chargé de l'achat des terres en Palestine. Création du Keren Kayemeth LeIsraël (K.K.L.), base du domaine foncier public israélien.

Création à Berlin de la Hilfsverein der Deutschen Juden par James Simon, industriel des cotons et ami du Kaiser.

1902 : Projet de colonisation juive du Sinaï. Mais, pour que ces organisations deviennent réellement efficaces, il fallait que leur action soit libre dans un cadre territorial et juridique nouveau. Seule la grande guerre, lors de laquelle le vieil Empire ottoman va s'engager dans le conflit de la Première guerre mondiale aux côtés de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie, puis le mandat britannique qui s'en suivit sur la Palestine , fournira le cadre favorable à l'établissement d'un Foyer national juif.

Dans son ouvrage roman d'anticipation "Terre ancienne, terre nouvelle (en hébreu, Tel Aviv), Theodor Herzl, évoque la vie dans le futur État et décrit le sionisme comme "un poste avancé de la civilisation, un rempart de l'Europe contre l'Asie, s'opposant à la barbarie".

Albert Antébi et le grand rabbin sépharade Meir se sont agresser par des extrémistes ashkénazes manipulé par Ephraïm Cohn, directeur de l’école allemande Lämel. Antébi déclare alors : "Ils prétendent que notre organisation est anti-juive parce qu’elle refusait de donner du travail aux israélites et anti-religieuse parce qu’elle préfère les musulmans ou les chrétiens... Allons-nous nous montrer intolérants, sectaires et exclusivistes parce que nous formons la majorité à Jérusalem ?". Tout le débat sur le sionisme est posé dans cette phrase.

1903 : Création de l’Anglo-Palestine Bank (future Banque Leumi LeIsraël).

Suite aux pogromes de Kishinev, le gouvernement britannique propose à Theodor Herzl de lui donner l'Ouganda pour y créer un foyer juif.

Le 6e Congrès sioniste, adopte le principe d'une installation en Palestine, dont le territoire était alors province de l'Empire ottoman. C'était un projet majeur pour le peuple juif qui impliquait une immigration en masse des Juifs vers un territoire où vivaient déjà un peuple arabe, les Palestiniens.

Ce congrès de 1903, donne une impulsion décisive au mouvement sioniste qui regroupe les partisans du retour des Juifs vers la Terre promise de Sion. Il encourage les initiatives désordonnées de riches juifs, comme le baron de Rothschild, et de juifs plus modestes en faveur d'une colonisation agricole. Cette colonisation est conduite au nom du slogan : "Une terre sans peuple pour un peuple sans terre", et ne prend pas en compte la présence sur place, en Palestine, d'habitants musulmans, chrétiens... ou même juifs, n'excluant pas d'expulser les indésirables.

1904 : Décès de Theodor Herzl, David Wolffsohn (1856-1914), prend la direction du mouvement sioniste. C'est aussi le début de la troisième vague d'immigration des juifs (aliya) vers la Palestine.

Création du Comité de la langue hébraïque (Va'ad Halashon).

1905 : 7e Congrès sioniste à Bâle au cours duquel il est décidé de repousser définitivement la proposition de l'Ouganda, ainsi que toute alternative à la Palestine. Les "territorialistes", qui voulaient absolument "un territoire", opérent une scission.

1906 : David Ben Gourion (David Green) arrive en Israël.

Fondation du premier lycée hébraïque à Jaffa.

Fondation de l'Ecole des Arts Bezalel à Jérusalem.

1907 : 8e Congrès sioniste à La Haye.

1908 : Ouverture près de Jaffa du Bureau palestinien destiné à organiser l'achat de terres par le Dr Arthur Ruppin (1876-1943), ainsi que du Palestine Land Development Company (PDLC). En mars, incidents à Jaffa entre Juifs et Arabes.

1909 : Fondation d'un petit bourg juif à proximité de Jaffa qui deviendra la ville nouvelle de Tel Aviv.

Création du premier kibboutz.

Campagne antisioniste du journal arabe " al-Karmil " (le Carmel) d'Haïfa.

Incidents entre Juifs et Arabes en Galilée qui aboutissent à la création de la premiére milice juive, le Hashomer, et du premier groupe organisé d'auto-défense (Haganah)

1910 : 9e Congrès sioniste à Hambourg.

Fondation de Degania Alef, la "mère des kiboutzim".

Dans la ville de Jérusalem, le rapport entre sépharades et ashkenazes s'inverse.

1911 : 10e Congrès sioniste à Bâle.

1912 : Déclaration du président de la république française Raymond Poincaré sur l'avenir de la Syrie.

1913 : 11e Congrès sioniste à Vienne.

Création du Comité France-Palestine par Albert Antébi, sous les auspices du rabbin Maurice Liber et du ministre français, socialiste et pacifiste, Aristide Briand (1862-1932). Albert Antébi est le fils du rabbin Joseph et petit-fils d'un patriote ottoman mort dans les troubles de 1860.

Guerre des langues pour le choix de la langue d’enseignement (allemand ou hébreu) au Technion de Haïfa.

1914 : Unification du mouvement sioniste américain (août). La population juive de Palestine est estimée à 60 000 personnes, contre 570 000 Arabes musulmans et 75 000 Arabes chrétiens.

1915 : En pleine guerre, la Grande-Bretagne , la France et la Russie , planifient, dans le plus grand secret, le partage du Proche-Orient et définissent les contours de leurs futures zones d'influence. Ils pensent que la Palestine est un cas particulier, du fait de l'enjeu symbolique que constituent les lieux saints, et doit bénéficier d'un statut international.

Cependant, pour gagner la guerre, la diplomatie britannique va chercher à gagner, des peuples jusqu'alors soumis à l'Empire ottoman et les associer indirectement à ce projet de démantèlement : les Arabes, bien sûr, mais aussi les Juifs et en particulier les puissantes communautés juives de Russie et des États-Unis, en leur promettant de satisfaire la revendication du mouvement sioniste, dans son projet de création d'un État juif en Palestine.

1916 : L'accord Sykes-Picot redéfinit la nouvelle carte géo-politique du Moyen-Orient. La Palestine est défini comme zone internationale, comprenant Saint-Jean-d'Acre, Haïffa et Jérusalem.

La déclaration Balfour

2 novembre 1917, Arthur Balfour, ministre britannique des Affaires étrangères par sa déclaration, adressée au Baron Edmond de Rotschild en Angleterre, promet au peuple Juif, la création d'un Foyer national juif en Palestine, mais il ne s'agit pas encore d'un État juif, en ce sens il respectait aussi la doctrine évangélique qui affirme que "Les Juifs doivent d'abord retourner à Sion et ensuite viendra le drame final", et "Il enverra ses anges avec la trompette retentissante et ils rassembleront ses élus des quatre vents" (Mathieu 24,31).

Décembre 1917 : conquête de la Palestine par l'armée britannique. Le général Allenby entre à Jérusalem.

Novembre 1918, les gouvernements français et britannique proclament leur soutien à l' "émancipation" des peuples libérés du joug ottoman, mais les arabes de Jérusalem s'inquiètent du fait que les territoires palestiniens soient séparés de la Syrie historique, et revendiquent l'unité Syrienne. Le quotidien juif "Haaretz" est fondé.

1919 :

À la mort d'Albert Antébi, en mars, on trouva, les notes suivantes : "Le monde est à la réalisation des rêves. - Le principe des nationalités devient la charte de l’Europe, pourquoi donc le peuple juif ne réussirait-il pas comme son contemporain le Grec ? - Il est dispersé ? (...) Mais l’on transplanterait vite quelques millions de la Russie. - L’étendue de la terre palestinienne est minime, elle n’atteindrait pas 30 000 km² ? (...) On n’a qu’à lui adjoindre la Transjordanie , la presqu’île du Sinaï, le désert de la Syrie (...) - Que ferait-on d’un million d’Arabes qui y résident ? (...) On les transfèrerait progressivement dans les territoires libre de la Mésopotamie et de la Caramanie. - Mais pour cette transplantation, il faut du temps et de l’argent ? (...) Les Juifs sont riches, ils ont connu trois exils, ils sont dispersés depuis deux mille ans, ils mettraient cent ans pour se rassembler (...) Mais qui règlerait ces données et aplanirait ces difficultés ? (...) La conférence de la paix et Wilson (...) Et ainsi, tout devient facile et plausible aux rhéteurs et discoureurs. Les réalistes restent sceptiques (...) Ils voient comment les généreux rêves de Wilson fondent à la discussion des réalités. (...) Oui, les Juifs triompheront par la reconnaissance de leur nationalité ; jouissant d’une autonomie administrative, partout où ils forment des agglomérations compactes comme dans certains secteurs en Galicie, Ukraine, Pologne, Bohême, etc., possédant droit de cité en Palestine avec une immigration illimitée et organisée, une colonisation élargie, une autonomie administrative et une coopération politique favorisée, sans sacrifier pour cela le droit des habitants indigènes actuels, Chrétiens levantins ou Arabes musulmans, et les privilèges des Lieux-Saints. (...) Le système cantonal suisse, avec un conseil fédéral, sous le protectorat interallié ou un condominium franco-anglais attribuant aux immigrants juifs les terres sans propriétaires, sans donner libre passage aux bolchevistes germano-russes, constituera la formule diplomatique conciliant tous les intérêts".

À Jérusalem, le 1er Congrès des Associations islamo-chrétiennes de Palestine, au moment même où se tenait la Conférence de la paix à Versailles, élève une "véhémente protestation" contre la déclaration Balfour, car selon leurs informations : "leur pays deviendrait une patrie nationale" pour les Juifs.

Une commission américaine (commission King-Crane), venue au Proche-Orient s'enquérir des "vœux des populations" préconise la sauvegarde de cette unité syrienne.

Accord entre Fayçal 1er de Syrie et Ham Weizmann, qui deviendra président de l'Organisation sioniste mondiale l'année d'après. La possibilité d'une coopération judéo-arabe apparaît.

David Ben Gourion, Berl Katznelson et Itzhak Tabenkin fondent le parti travailliste israélien (Mapaï).

En 1920 :

29 février : Joseph Trumpeldor, tombe héroïquement en défendant Tel Haï, en Haute-Galilée.

4 avril : Lors de la fête traditionnelle musulmane du Nabi Moussa, transformée en manifestation pour l'unité syrienne, des violences éclatent entre Juifs et Arabes, et la situation tourne à l'émeute.

25 avril : L'activisme politique du président de la Fédération sioniste britannique, Chaïm Weizmann, aboutit à ce qu'à la Conférence de San Remo, la déclaration Balfour soit incluse dans les attendus du mandat britannique sur la Palestine que la Société des Nations approuvera deux années plus tard. Par cet acte, la Grande-Bretagne , choisit de soutenir le sionisme plutôt que l'arabisme pour imposer son contrôle sur la Palestine.

Sir Herbert Samuel est nommé haut-commissaire du Mandat britannique sur la Palestine.

En 1921 : De passage à Jérusalem, le jeune secrétaire d'État britannique aux Colonies, Winston Churchill, reçoit une délégation islamo-chrétienne qui lui déclare : "Si les sionistes n'étaient venus en Palestine que comme des hôtes, ou si les choses en étaient restées à ce qu'elles étaient avant la guerre, il n'y aurait pas de problème Juifs et de non-Juifs. Mais c'est l'idée d'une Palestine transformée en un Foyer national juif que les Arabes rejettent et combattent".

Publication du Livre blanc du secrétaire d'État britannique aux Colonies, Winston Churchill, où il définit le "foyer national juif".

En juin, le Haut-Commissaire Herbert Samuel décide de la restriction de l'immigration juive en Palestine.

Les mouvements palestiniens refusant de cautionner la construction d'un Foyer national juif, ils rejettent toute participation aux institutions politiques du mandat britannique, à l'exception de la gestion des affaires religieuses.

David Ben Gourion (1886-1973) fonde la centrale syndicale "Histadrouth" (Confédération générale des travailleurs juifs).

1922 : La Transjordanie (partie orientale du territoire mandataire britannique) devient un émirat automonme. Elle est soustraite à l'immigration juive.

1923 : En août, 13e Congrès sioniste à Carlsbad.

1924 : Début de la 3e vague d'immigration des juifs (aliya) vers la Palestine , en provenance essentiellement de la Pologne.

Fondation du Technion de Haïfa.

1925 : Fondation de l'Université hébraique de Jérusalem sur le Mont Scopus.

En août, 14e Congrès sioniste à Vienne. Début de la crise économique en Palestine.

1926 : Grave crise économique dans la communauté juive (yichouv), avec une forte extension du chômage.

1927 : 15e Congrès sioniste à Vienne.

1928, la Palestine vivait jusqu'en 1926 dans un calme relatif, mais la communauté juive -le yichouv - depuis, traversait une crise profonde. Le tarissement de l'immigration juive permet même de parler de "banqueroute du projet sioniste". Cette année là, la commémoration par les juifs sionistes de la destruction du Temple par les Romains se radicalise et est ressentie comme une provocation par la communauté musulmane. De nombreux incidents ont lieu près du mur des Lamentations.

Peu après des rumeurs commencent à circuler, au sujet d'un complot juif, dont le but de s'emparer de l'Esplanade des mosquées.

1929 : La rumeur aboutit à des émeutes qui prennent des allures de pogrom anti-juif; massacres à Hébron puis à Safed : 113 juifs tués et 339 autres blessés. Or devant la montée du nazisme, de nombreux juifs d'Europe centrale continuent d'arriver en Palestine, apportant des capitaux et achetant de plus en plus de terres arabes.

En juillet, 16e Congrès sioniste. l'Agence juive pour la Palestine s'élargit à des non-sionistes et devient officiellement l'Agence juive.

1930 : Publication du second Livre Blanc britannique, prévoyant de limiter pour la première fois l'immigration des Juifs en Palestine.

En 1931 : Fondation de l' Irgoun Tzva'i Leumi (Etzel), organisation juive clandestine de tendance révisionniste, qui est une dissidence de la Hagana.

Création aux États-Unis de l'American Palestine Committee.

13 février : Lettre du Premier ministre britannique McDonald à Haïm Weizmann dans laquelle il s'engage à abroger les dispositions prises dans le Livre blanc Passfield.

Juin : 17e Congrès sioniste à Bâle lors duquel Sokolow remplace Haïm Weizman à la direction de l'Organisation sioniste.

En 1933 :Adolf Hitler accède au pouvoir en Allemagne. C'est le début de la 5e aliya, principalement en provenance d'Allemagne et des territoires contrôlés par les Allemands.

en octobre, à Haïfa, des émeutiers arabes s'en prennent aux autorités britanniques qu'ils considèrent comme responsables des progrès du sionisme.

1934 : Début de la Hapa'alah , entreprise d'immigration illégale de réfugiés juifs alors que leur nombre dépasse les quotas imposés par les Anglais.

Automne 1935 : une révolte populaire arabe éclate, avec une nette coloration d'islam populiste et de guerre sainte, menée par le cheikh Izz al-Din al-Qassam. Après la mort de leur chef, en novembre, une grève générale est lancée pour obtenir l'arrêt de l'immigration juive et la vente des terres aux juifs. Elle se prolongera jusqu'en octobre 1936.

En 1936 : Début de l'opération Homa Oumigdal (murailles et tour), qui est une entreprise d'implantations aboutissant, de 1936 à 1939, à 51 nouvelles localités créées chacune en une seule nuit.

Avril 1936 : Une révolte arabe, poussée par le grand mufti de Jérusalem, Haj Amin al Husseini, déclenche des troubles sanglants. La Hagana réagit avec succès.

1937 : La commission britannique Peel, propose un projet de partition de la Palestine entre Juifs et Arabes. Le gouvernement britannique finit par accepter le principe de cette recommandation. Il s'agit là du premier texte suggérant le partage du pays entre Juifs et Arabes. En ce sens il peut être considéré comme le texte fondateur de l'Israël moderne.

Des groupes armés arabes s'en prennent aux Britanniques, aux Juifs et aux "traîtres arabes". Les Britanniques mènent une dure répression, et en deux années réussissent à vaincre et à décapiter ce mouvement national palestinien.

En 1939 :

3 mai : Publication du 3e Livre Blanc (de MacDonald) qui prévoit de limiter très fortement le quota d'immigration des Juifs en Palestine.

1er septembre : début de la seconde guerre mondiale. David Ben Gourion déclare : "Nous ferons la guerre comme s'il n'y avait pas de Livre Blanc, et nous combattrons le Livre Blanc comme si la guerre n'existait pas". Création du mouvement clandestin Le'hi.

En 1941 : Création des commandos de guerrilla de la Haganah  : Palma'h (sections de choc).

20 janvier : la Conférence de Wannsee décide de la Solution finale pour l'extermination du peuple juif, qui aboutira à l'élimination d'un tiers du peuple juif.

Février : naufrage du bateau Struma contenant 767 réfugiés juifs qui s'étaient vus refuser l'entrée en Palestine.

Haj Amin al Husseini scelle une alliance avec Hitler, et plaide pour résoudre le problème des Juifs au Moyen-Orient "selon les méthodes de l'Axe".

1942 Création aux États-Unis du Christian Council on Palestine.

De 1943 à 1944 : Les parachutistes juifs-palestiniens de l'armée britannique tentent de renouer le contact avec les Juifs des pays occupés; sept d'entre eux y laisseront leur vie.

La Brigade juive de Palestine forte de 30 000 combattants, participe à la guerre, comme partie intégrante de l'armée britannique.

De 1945 à 1946 : La Haganah , l'Etzel et le Le'hi, se réunissent de façon temporaire.

1946 : Les immigrants juifs illégaux sont déportés par les Anglais dans des camps de personnes déplacées à l'île de Chypre.

22 juillet : l' Irgoun (le Etzel ) fait sauter l'aile droite de l'Hôtel King David à Jérusalem (qui abritait l'état-major du Mandat britannique).

La Transjordanie acquiert son indépendance et devient le Royaume Hachémite de Jordanie.

Juillet 1947 : le bateau Exodus est expulsé des côtes de Palestine vers l'Europe, portant à son bord 4,500 survivants de la Shoah.

Création d'Israël

En novembre 1947 : Alors que l'idée d'un État-refuge en Terre sainte pour les rescapés de l'holocauste s'impose dans l'opinion occidentale, comme si elle se déchargeait ainsi de sa propre culpabilité sur la Palestine , le plan de partage de la Palestine , est présenté par l'ONU comme solution au conflit entre les Juifs et les Arabes, octroyant, au nouveau État juif, 54% du territoire. Le vieux projet sioniste a finit par aboutir le 29 novembre 1947.

Pour les mouvements sionistes, ce plan de novembre 1947, rejeté par les dirigeants palestiniens, est une énorme victoire, car ce partage est la reconnaissance de la fondation du nouveau État d'Israël, qu'ils appelaient de tous leurs voeux et un point d'appui susceptible d'extensions ultérieures.

Entre mai et octobre 1948, la guerre israélo-arabe va chasser de leurs terres et de leurs maisons, plus de huit cent mille palestiniens, en majorité des paysans, sur les routes de l'exil. La Palestine qui comptait plus d'un million d'habitants (musulmans et chrétiens) se vide de 90% de sa population.

Les dirigeants des mouvements sionistes estimaient, à l'époque, que les pays arabes voisins, en particulier l'Irak et la Syrie , avaient les capacités en terme de place, de finances et de culture, d'intégrer les réfugiés sur leur territoire et dans leur population.

A partir de là, et pendant les années qui suivirent, six à neuf cent mille juifs des pays arabes vont être exilés de chez eux, dépossédés de leurs terres et biens, harcelés par les populations et les autorités. Cela mit fin à l'antique civilisation juive d'Orient, les pays arabes s'étant vidés de la quasi-totalité de leurs Juifs, dorénavant réfugiés en Israël, en Europe et en Amérique du Nord.

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[iv] Racialisme

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Le racialisme se veut la "théorie scientifique des races humaines". La théorie est donc contestée car, selon certains, affirmer l'existence de différentes races dans l'espèce humaine, relève de l'idéologie et non de la science. Tout débat sur la question reste de toute façon difficile en raison du lien avec le racisme.

Ce mot d'origine récente (début du XXe siècle) n'apparaît pas dans les dictionnaires et n'est pas reconnu par l'Académie française.

Pour certains, il s'agirait d'un mot servant à camoufler des idées proprement racistes sous une apparence politiquement correcte, de façon notamment à ne pas se faire poursuivre pénalement dans les pays où les propos à caractères racistes sont sanctionnés par la loi.

Pour d'autres, il s'agit d'un terme bien différencié du mot racisme, permettant de ne pas faire l'amalgame entre la théorie contestée de l'existence des races humaines, et toute autre idée sur les conséquences et éventuelles mesures à prendre (supériorité de telle ou telle race sur une autre, de manière générale ou dans un domaine particulier ; implications politiques, pour ou contre les hybridations, etc.).

Dans l'état actuel des connaissances, il est unanimement reconnu que l'espèce humaine (homo sapiens sapiens) n'a aucune sous-espèce (ou race).

Ce que les races ne sont pas

Race et couleur de peau

La couleur de la peau n'est notamment pas un critère objectif de classification des humains, car il existe toute une palette de colorations qui ne peuvent être réduites à de simples catégories. Il n'existe pas d'homme noir, ni même d'homme blanc, mais simplement des teintes de couleur variables selon les concentrations en mélanine et autres pigments, et d'ailleurs variables pour un même individu selon son exposition aux radiations (en pratique, aux rayons solaires) (bronzage).

Races et préhistoire

La majorité des biologistes estiment que les derniers êtres humains (du genre Homo) ayant des caractères génétiques différents à avoir coexisté sont les homo sapiens sapiens et les homo sapiens neandertalensis il y a plus de 30000 ans.

Toutefois, il semble que ces deux groupes n'étaient pas seulement de races différentes, mais bien d'espèces différentes, la très longue durée de coexistence entre eux (plusieurs milliers de générations dans les mêmes endroits) impliquant une absence de fécondation mutuelle.

D'un point de vue purement hypothétique, la survie des homo sapiens neandertalensis jusqu'à nos jours auraient posé un intéressant problème pratique aussi bien aux racistes qu'aux anti-racistes...

Races, génétique et ethnie

La théorie du racialisme n'est pas reconnue par la communauté des généticiens dans le cadre où elle s'inscrit, qui est celui des règnes du vivant. D'une façon générale, l'appartenance à une race se définit par des interactions entre de nombreux gènes. Il n'existe pas plus de gène du "teckel" ou de "berger allemand", que de gène de "pygmée" ou "d'esquimau". En l'état actuel, la génétique n'est donc pas capable de définir sans arbitraire le concept de race.

De toute façon, la plupart des groupes humains se sont trop mélangés pour que le concept de race leur soit applicable. L'homme moderne (homo sapiens sapiens) est une espèce très jeune à l'échelle de l'évolution, avec des périodes d'isolement des différents peuples courtes, et beaucoup de mélanges. Seuls des groupes isolés, et numériquement très petits, auraient pu générer des différences significatives avec les autres, et justifier l'existence de sous-espèces (races) valides d'un point de vue taxonomique, c'est-à-dire présentant des différences génétiques significatives tout en restant fécondes entre elles.

Ceci d'autant plus que, si l'homme a mis en place pour des espèces animales et végétales des opérations de sélection génétique et de fixation de races, pour l'espèce humaine il ne l'a pas (encore ?) fait avec une ampleur significative.

D'autre part, l'espèce humaine se caractérise par une très forte dimension culturelle, de sorte que le concept le plus pertinent est celui d'ethnie plus que celui de race.

Théoriciens

Parmi les premiers théoriciens des races, on peut citer Boulainvilliers, Blumenbach et Pierre-André Taguieff.

Hervé Le Bras s'est intéressé aux modalités du racialisme et de la raciologie lors de ses travaux sur l'idéologie démographique. Parmi les hommes de science ou de pouvoir approuvant cette idéologie, il a indiqué Vacher de Lapouge (darwiniste social et socialiste), R. Fisher, (démocrate et eugéniste négatif), Rivet (croyant à la hiérarchie des races et vice-président de la ligue des droits de l'homme), Alexis Carrel (médecin et eugéniste négatif).

La dernière théorie racialiste date de 1944. Il s'agit de la classification de Georges Valois(*) qui divisait les humains en quatre groupes d'égale valeur appelés "races" :

(*) Alfred-Georges Gressent (1878~1945), dit Georges Valois, est un syndicaliste révolutionnaire, ancien membre de l'Action Française. Il milite d'abord dans des mouvements anarchistes, et collabore au journal L'Humanité Nouvelle. C'est en 1925 qu'il fonde le premier mouvement fasciste non italien, le Faisceau. Malgré l'adhésion de Hubert Lagardelle ou Marcel Bucard (futur fondateur du Parti franciste), le Faisceau disparaît en 1928. Alfred-Georges Gressent crée alors le Parti républicain syndicaliste. Il change d'orientation en 1934, en lançant la revue Le Nouvel Age qu'il présente comme une revue gauchisante. En 1935, il va même jusqu'à demander l'adhésion à la SFIO. Mais malgré le parrainage de Marceau Pivert, l'adhésion lui est refusée. Progressivement, il se détachera du fascisme, et s'engagera même dans la Résistance. Il meurt en déportation à Bergen-Belsen en 1945.

Bibliographie: 1927, Basile ou la politique de la calomnie. 1928, L 'Homme contre l'argent. 1929, Un Nouvel âge de l'humanité. 1930, Finances italiennes. 1931, Économique. 1931, Guerre ou révolution. 1932, Journée d'Europe. 1941, 1917-1941 : fin du bolchevisme, conséquences européennes de l'événement. 1947, L 'Homme devant l'éternel (à titre posthume)

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[v] Liste des massacres

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Ci-dessous, on trouve une liste d'événements qui sont désignés généralement sous le nom de massacre.

Antiquité

Moyen Âge

Époque moderne

Époque Contemporaine

XIXe siècle

XXe siècle

XXIe siècle

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[vi] Eugénisme

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L'eugénisme (du grec eu, bien et gennân, naissance) signifie littéralement bien-naître. L'eugénisme est une idéologie fondée sur le darwinisme et la génétique ; elle cherche à appliquer à la société humaine la théorie de la sélection naturelle.

À strictement parler, l'eugénisme existe depuis la nuit des temps : qu'est-ce en effet que le choix d'un conjoint sinon une forme légère (mais pas toujours exempte de violence!) d'eugénisme : la plupart des animaux à sang chaud des deux sexes recherchent bien le meilleur partenaire et l'ouvrage de Geoffrey Miller "The mating mind" montre sur onze chapitres que ce choix se révèle chaque fois qu'on l'étudie associé à des traits génétiques. Mais c'est là ce que l'on nomme eugénisme passif et qui n'est point controversé. Un point plus discutable est celui de l'eugénisme actif.

Histoire du terme eugénisme

La signification du terme eugénisme a évolué depuis sa première utilisation. Le terme eugénisme est dérivé du terme eugénique. Le terme (the eugenics) a été popularisé par le psychologue et physiologiste anglais, Francis Galton, cousin de Charles Darwin. Avant l'utilisation du terme eugenics, F. Galton a également utilisé le terme viriculture.

En 1883, Francis Galton (alors totalement ignorant des travaux de Gregor Mendel sur la transmission des caractères héréditaires) écrivit un ouvrage utilisant pour la première fois le terme the eugenics. A l'époque, Galton commettait une confusion entre d'une part l'amélioration génétique des races humaines par sélection de caractères héréditaires jugés souhaitables et/ou élimination des caractères jugés indésirables et d'autre part l'amélioration des individus par des interventions portant sur leurs conditions de vie.

Cette confusion entre aspect génétique et aspect social ne s'est dissipée que progressivement. Par exemple, en 1936, J. Huxley définit l'eugénique comme étant l'ensemble des méthodes visant à améliorer les races humaines et dont l'objectif consiste à compenser la tendance des systèmes sociaux et politiques des pays développés. A cette époque, le terme d'eugénique semble avoir eu une définition beaucoup plus sociale que génétique.

Cependant, le principe initial défini par Galton était directement en rapport avec l'enseignement et les travaux de Darwin, lui-même très influencé par Malthus. Selon Darwin, les mécanismes de la sélection naturelle sont contrecarrés par la civilisation humaine. En effet, un des objectifs de la civilisation est d'une certaine façon d'aider les défavorisés, donc de s'opposer à la sélection naturelle responsable de la disparition des plus faibles. Selon les tenants de l'eugénisme, la perte d'efficacité liée à la protection de la civilisation pourrait entrainer une augmentation progressive du nombre d'individus qui auraient normalement dû être éliminés du fait des processus naturels de la sélection. Les partisans de l'eugénisme proposent donc de promouvoir des actions visant à compenser les effets de la perte des mécanismes de sélection naturelle au sein des sociétés dites évoluées.

Les principes de l'eugénisme sont donc posés sur cette conception de base - compenser la perte des mécanismes de sélection naturelle -; cette conception a inspiré de très nombreuses et très diverses philosophies, théories scientifiques ou pseudo-scientifiques, et pratiques sociales.

Remarquons toutefois qu'un humaniste comme Jean Rostand a mis en garde dans son ouvrages Pensées d'un biologiste contre le fait qu'une société qui prendrait sérieusement en mains la question de l'eugénisme pourrait bien s'assurer un avantage décisif sur les autres. C'est d'ailleurs ce qu'ont plus ou moins visé jadis les familles royales, et plus généralement les classes dominantes de toutes les nations à toutes les époques; et qui a encore lieu aujourd'hui.

Interprétations de l'eugénisme

Cependant, cette conception très darwinienne n'a pas été reçu de la même façon dans tous les pays. Ainsi, la France par exemple, a longtemps été très réticente aux idées darwiniennes car très marquée par la lamarckisme et influencée par la position de l'Eglise Catholique.

En quelques mots, la différence majeure entre l'enseignement de Darwin et celui de Lamarck, porte sur le moteur de l'évolution :

Pour Darwin, le moteur de l'évolution reposait sur la sélection naturelle éliminant les individus les moins adaptés d'une part à la survie et d'autre part à la reproduction (y compris les soins à la progéniture).

Pour Lamarck, le moteur de l'évolution reposait sur l'hérédité de [caractères acquis], favorisant la descendance d'individus ayant fait l'effort de s'adapter. Selon Lamarck, l'amélioration des races humaines passe par conséquent par l'amélioration des conditions de vie, de façon à ce que la modification de son environnement améliore à terme la qualité de l'homme futur. Cet eugénisme la - qui fut aussi raciste parfois - a constitué la position eugéniste dominante en France, ainsi qu'une incitation - hélas ici bien inutile, puisque les seuls acquis qui se transmettent sont culturels et non génétiques - à la pratique du sport.

De bonnes intentions, des moyens discutables, un but incertain

Selon ses défenseurs l'eugénisme visait à assurer une humanité plus adaptée, donc en principe plus heureuse. Ce n'est donc pas sa fin en elle-même qui a été criticable, mais bien souvent les moyens choisis. Si le diabète et d'autres maladies héréditaires venaient être être éliminées par thérapie génique ; cette forme d'eugénisme-là pose moins de problème que l’eugénisme du début du XIXe siècle et du XXe siècle.

Nous avons vu plus haut que les moyens utilisés avaient en revanche dépassé les bornes autorisées par nos propres valeurs.

Mais quid de l'orientation à choisir, même par des moyens licites ? Au XVIIIe siècle, on aurait pu vouloir favoriser l'émergence d'hommes robustes capables surtout d'une grande endurance pour devenir portefaix ou travailleurs de force. Au XIXe la machine à vapeur avait déjà commencé à faire à ce type d'hommes une concurrence si bon marché qu'elle les transforma progressivement en chômeurs : ils étaient déjà sur ce point devenus inadaptés.

Le XIXe siècle aurait favorisé sans doute l'apparition d'une autre type d'homme : l'employé aux écritures à la mode de Dickens, capable d'additionner douze heures par jour de longues colonnes de chiffres sans se fatiguer ni se tromper. Quel emploi la deuxième moitié du XXe siècle, où un ordinateur faisait le même travail pour juste quelques centimes, aurait-elle pu trouver pour un type d'homme n'ayant que ces qualités-là à offrir ?

Et dans les deux cas en moins de six générations.

"Nous devons éviter que nos buts deviennent pour nos enfants leurs prisons", disait Myron Tribus ("We should ensure that our goals do not become their gaols). Bien plus que les moyens employés, qui peuvent dans certains cas être irréprochables, c'est probablement là que se trouve la principale impasse de l'eugénisme, dès lors que celui-ci s'attache à autre chose qu'à la simple élimination - en observant une stricte éthique - des maladies héréditaires.

Le cas de l'eugénisme nazi

Jusqu'en 1933, l 'eugénisme était considérée comme une doctrine scientifique. Il s'agissait d'améliorer la (ou les) race(s) humaine(s) à travers le contrôle de la reproduction. À travers l'eugénisme, les scientifiques espéraient éliminer les pathologies héréditaires (on parle d'eugénisme médical) ainsi que les déviances sociales qui pourraient avoir une origine héréditaire (telle que la criminalité).

La politique eugéniste de l'Allemagne nazie s'est mise en place dès 1933. Elle consiste d'une part à favoriser la fertilité des humains considérés supérieurs (politique pro-nataliste, soutient familial, pouponnières...) et d'autre part à prévenir la reproduction des humains considérés comme inférieurs ou eugéniquement non désirables (les criminels...).Par exemple, l'Allemagne a cherché à lutter contre l'avortement pour les femmes considérées supérieures, alors que dans le même temps la circulaire secrète de 1934 autorisait l'avortement pour les femmes devant être ultérieurement stérilisées. Le décret secret de 1940 a été plus loin en rendant obligatoire l'avortement pour les femmes "inférieures".Un autre exemple est celui de l'homosexualité, alors considérée comme une maladie. L'Allemagne eugéniste proposait aux homosexuels le choix entre la castration volontaire ou la mise en camps de concentration.

Avant même l'arrivée de Hitler au pouvoir, la majorité des scientifiques et des hommes politiques étaient favorables à l'eugénisme. La loi de 1934 portant sur la stérilisation eugénique s'est mise en place à l'aide de la participation active du docteur Gütt (médecin haut fonctionnaire), de Falk Ruttke (juriste) et Ernst Rüdin (psychiatre génétique suisse). Cette loi impose la stérilisation obligatoire pour les malades atteints de neuf maladies considérées comme héréditaires ou congénitales (cécité, alcoolémie, schizophrénie...). On estime que 400 000 allemands ont été stérilisés entre 1934 et 1945. Ces stérilisations ont fait l'objet d'un quasi consensus dans la communauté médicale allemande. D'autres pratiques, hors cadre légal, ont été utilisées pour éliminer les personnes indésirables, camps de concentration pour les alcooliques, criminels, délinquants, asociaux divers, castration des criminels sexuels et homosexuels, stérilisation des enfants batards nés de mères allemandes et pères africains, nord africains, indochinois de l'armée d'occupation française, extermination des tziganes et des juifs.

De nombreuses études montrent que l'eugénisme allemand n'était pas l'acte isolé d'un pervers, mais le résultat d'un processus d'élimination systématique, basé sur des techniques souvent de haut niveau scientifique. Il est également intéressant de noter que l'eugénisme a remis en avant une notion alors obsolète : celle de "race aryenne" alors que les anthropologues de l'époque parlaient plutôt de race nordique ou de race alpine.

Bibliographie

André Pichot L'eugénisme ou Les généticiens saisis par la philanthropie (éd. Hatier "Optiques) et de La société pure De Darwin à Hitler (éd. Flammarion)

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[vii] Phobie

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Le terme phobie, du grec ancien phobos (φόβος), désigne un ensemble de troubles psychologiques axés sur une entité exterieure capable de susciter une peur irrationnelle. Ces réactions doivent être suffisamment invalidantes pour que l’on puisse parler de phobie.

Les phobies sont les formes les plus fréquentes de la famille des troubles anxieux. On estime que 5 à 25% de la population générale souffre de phobie(s). Les phobies représentent même la pathologie psychiatrique la plus fréquente chez les femmes, et la 2e plus fréquente chez les hommes.

La psychopathologie sépare les phobies en trois catégories :

La plupart des phobies spécifiques représentent un état extrême d’un sentiment normal : la phobie des avions représente la suramplification de la sensation d’appréhension naturelle que tout le monde ressent lors d’un décollage, par exemple. Les symptômes ressentis lors de la confrontation à l’objet ou la situation phobogène (celle qui déclenche la peur) varient fortement d’un sujet à l’autre, constituant dans les cas extrêmes une attaque de panique avec malaise général, sensation de mort imminente, tachycardie, sueurs, etc. Dans tous les cas, les sujets frappés de phobie spécifique sont conscients de l’irrationalité de leur peur, et en souffrent.

La plupart des individus souffrant de phobie tendent à fuir l’objet phobogène ou encore, lorsque ils sont forcés de le croiser, s’arrangent pour être accompagné d’un "objet transitionnel" qui les rassure : gri-gri, conjoint, boite de médicaments…

La dénomination des phobies est forgée en utilisant la racine grecque correspondant à l’objet craint. La diversité des phobies décrites fait que l’on peut référencer des centaines de phobies spécifiques différentes !

Parmi les phobies simples les plus fréquentes on trouve :

La seule thérapie ayant fait la preuve de son efficacité contre les phobies simples est la psychothérapie cognitivo-comportementale, qui consiste à forcer le patient à se confronter à la situation redoutée, d’abord de loin et dans un contexte rassurant, puis de plus en plus intimement. Cette exposition progressive entraîne une diminution des réactions de peur et permet la guérison dans la majorité des cas, par désensibilisation.


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